La sagesse populaire le dit : il faut se méfier du chat qui dort. Il en est de même, apparemment, pour les élections. Pendant de longues semaines, il n’a été question que de l’indifférence de l’opinion à propos des élections européennes dépourvues d’enjeu clairement perceptible. Le vainqueur était désigné d’avance : ce serait le parti des abstentionnistes. Selon les résultats, les autres questions feraient l’objet de réglages de détail. Et puis voilà que, dès le soir du 7 juin, les commentateurs retrouvent le ton de l’emphase et de la dramatisation. On sent flotter dans l’air comme un parfum d’événement historique, les portes d’un New Age sont en train de s’ouvrir sous nos yeux éblouis. La raison d’une telle émotion peut être chiffrée : 16 %, c’est-à-dire le pourcentage des suffrages recueillis par la liste Europe Ecologie.
Face à certains débordements verbaux, les républicains les plus intransigeants mais les plus lucides se remémorent la devise autrefois chère à nos rois : il faut savoir raison garder. Il est temps, en effet, de remettre en perspective les divers éléments qui composent la situation actuelle et de leur redonner leurs justes proportions.
1) Cap à droite à l’échelle européenne
2) La France : similitudes et différences
3) Quelques leçons pour 2012
4) Et si nous parlions un peu de l’Europe ?
5) «L’Europe sera gaullienne ou ne sera pas».