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Mercredi 15 février, Nicolas Sarkozy était l'invité de Laurence Ferrari au journal télévisé de 20 heures de TF1.

Laurence Ferrari : Bonsoir, Monsieur le Président.

Nicolas Sarkozy : Bonsoir.

Laurence Ferrari : Merci beaucoup d’avoir accepté l’invitation de TF1 ce soir. Nous sommes à deux mois de l’élection présidentielle. Avez-vous décidé de vous présenter et donc de briguer un second mandat auprès des Français ?

Nicolas Sarkozy : Oui, je suis candidat à l’élection présidentielle.

LF : Depuis quand avez-vous pris cette décision ?

NS : Depuis plusieurs semaines.

LF : Pourquoi l’avez-vous prise ?

NS : Je l’ai prise parce que la situation aujourd’hui de la France, de l’Europe et du monde, qui connaît depuis trois ans une crise absolument sans précédent, je devrais dire une succession de crises sans précédent, fait que ne pas solliciter à nouveau la confiance des Français, ce serait comme un abandon de poste. Est-ce qu’on peut imaginer le capitaine d’un navire dont le bateau serait en pleine tempête dire « eh bien non, je suis fatigué, je renonce, j’arrête » ?

LF : Est-ce que vous avez accélérez le rythme de votre entrée en campagne ?

NS : Non. Non, non, non… Le président en place a plus de devoirs que de droits. Ca s’est imposé à mes prédécesseurs, ça s’impose à moi-même ; je dois continuer à exercer mes responsabilités jusqu’à la dernière minute de mon mandat et j’ai considéré que deux mois à être à la fois président chaque fois qu’il le faudra – et c’est mon devoir – et candidat pour que cette campagne soit utile aux Français, qu’ils puissent choisir, que les vraies questions soient posées, que les vrais débats soient engagés, c’était suffisant. Est-ce qu’on imagine que j’aurais pu sillonner depuis des semaines en oubliant mes responsabilités de président pour endosser simplement l’habit de candidat ? Et puis j’ai réfléchi parce que je voulais savoir, moi-même si j’en avais l’énergie, la force. C’est une décision lourde de sens ! Ce n’était pas automatique. Et donc si j’ai décidé d’être candidat à l’élection présidentielle, c’est parce que j’ai des choses à dire aux Français, j’ai des propositions à leur faire, et que les changements que nous avons engagés, dans les cinq années qui viennent, il faut que les Français comprennent que la question essentielle qui est posée, c’est celle que si la France est forte, ils seront protégés.

LF : C’est le slogan de votre campagne, « la France forte »…

NS : Ce n’est pas une question de slogan. C’est une question de conviction. Souvent, on oppose l’avenir d’un pays et la situation des familles, le citoyen au pays. Il faut comprendre cela ! La France est un bouclier pour chacun d’entre nous. Si la France est forte, si elle prend les décisions, si elle fait les choix qui l’installeront dans ce nouveau monde, dans ce monde ravagé depuis trois ans par des crises sans précédent, économiques sociales, financières, toutes les régions du monde sont concernées ; si la France fait ces choix-là, alors elle sera forte. Si la France est faible, les Français sont exposés.

LF : Monsieur le Président, j’entends ce que vous dites.

NS : C’est ça l’enjeu.

LF : Vous avez des projets à proposer aux Français, mais qu’avez-vous de nouveau à proposer que vous n’avez pas déjà proposé depuis cinq ans ?

NS : Mais vous savez, pendant cinq ans, on m’a dit : « Ah, il y a trop de réformes, il y a trop de choses » ; et maintenant, je vois qu’on me dit : « Ah, il faudrait, tout ce que vous n’avez pas fait pendant les cinq ans, vous ne pouvez pas en parler pour les cinq ans qui viennent ». Il y a une nouvelle période qui s’ouvre. Forcément, si les Français me font confiance, ils me confient un second… Un second quinquennat, ce quinquennat ne sera pas conforme au premier. Il y a une chose qui continuera, c’est que la France ne peut pas rester à l’écart de la course du monde. La France ne peut pas faire comme si la crise n’existait pas, comme si l’Europe n’existait pas, comme si le monde n’existait pas. L’idée que je me fais de notre pays, c’est qu’il a tous les atouts pour garder son rang, son statut et que si nous voulons garder notre modèle social, notre façon de vivre, nous devons continuer à faire les changements. On en a fait, l’autonomie des universités, la réforme des retraites, la réduction indispensable des dépenses. Mais il y a…

LF : Mais les Français regardent leurs préoccupations ! On parlait du chômage à l’instant, qui a augmenté, du pouvoir d’achat qui stagne. Que répondez-vous à ces préoccupations très concrètes ?

NS : Mais écoutez, vous avez-vous-même dans votre « Journal », fait un excellent reportage ! Qu’est-ce que vous avez dit, il y a dix secondes ?

LF : Que la croissance repart…

NS : Que la croissance au 4ème trimestre de 2011 a été supérieure en France par rapport à l’ensemble des autres pays d’Europe. Il n’y a pas à en tirer une gloire, parce que malgré tout, il y a trop de chômeurs. Ca veut dire que les réformes que nous avons engagées commencent à produire leurs effets. Mais la question, maintenant, ce que nous avons fait pour moderniser les universités, ce que nous avons fait pour alléger les charges des entreprises, ce que nous faisons pour améliorer la compétitivité de nos entreprises, il faut le faire pour changer notre mode de formation des chômeurs, il faut le faire pour changer notre Education nationale, il faut le faire pour poursuivre l’effort indispensable de réduction des dépenses ! C’est ces choix que je proposerai aux Français ! Cette campagne électorale, ça ne peut pas…

LF : Mais pourquoi ne l’avez-vous pas fait avant ? C’est ça qu’ils se demandent, les Français.

NS : Mais vous savez… D’abord, on a beaucoup fait, puisque je pense que ce que nous avons fait, ça a fait le sujet de tous les « 20 heures » que vous avez présentés. Mais on ne peut pas tout faire. On ne peut pas tout faire en cinq ans. Et par ailleurs, nous avons connu depuis trois ans, une succession de crises d’une violence inouïe, sans doute inconnue depuis la Seconde Guerre mondiale, qui nous ont amenés à gérer les crises et en même temps à faire les changements. Lorsque nous avons fait, avec François Fillon, la réforme des retraites en 2010, tout le monde m’a dit : « Mais pourquoi vous la faites ? Il n’y pas besoin ! »… Aujourd’hui, y a-t-il une personne sensée qui peut contester l’utilité de cette réforme ? Et puis il y a une autre question que je me suis posée, il y a beaucoup de Français qui ont le sentiment, au fond, d’être dépossédés de leur pouvoir, que les choses se passent en dehors d’eux, les élites, les syndicats, les partis politiques. Il y a une France qui, à chaque fois qu’on l’interroge, par exemple sur l’Europe, dit « non ». Il y a une France qui ne croit plus en rien. Et je me suis dit qu’il y avait une idée centrale dans les engagements pour mon deuxième quinquennat, s’ils me font confiance, c’est redonner la parole au peuple français par le référendum. Et j’ai proposé que ce premier référendum – parce qu’il ne faut pas avoir peur de la parole du peuple ! – se pose sur la question du chômage, de l’indemnisation du chômage et de la formation des chômeurs.

LF : Qu’est-ce que vous proposez d’ailleurs sur la formation des chômeurs ?

NS : C’est très simple ! Aujourd’hui, il y a seulement 10 % des chômeurs qui sont en formation. Or vous savez, l’égalité sociale, c’est pour ceux qui font des études, l’école, et pour ceux qui n’ont pas eu la chance de faire des études, la formation professionnelle. Dix pour cent des chômeurs seulement sont en formation. Ce que je propose ? Je veux qu’on change notre système. Que dorénavant, toute personne au chômage qui n’a pas une chance crédible de trouver un emploi, quel que soit son âge, la société, notre modèle, lui apprenne un nouveau métier, lui donne la chance d’une nouvelle formation pour vivre d’un travail. Eh bien ces choix-là, qui sont des choix essentiels ! Aujourd’hui on dit « ah eh bien on est tranquille, on indemnise les gens, on les indemnise pendant deux ans » – c’est déjà bien, c’est très différent du système américain, ou quand…

LF : On les assiste ?

NS : Quand on paie… C’est une forme d’assistanat qui consiste à dire aux gens : « on vous aide à survivre, ça suffit ». Moi, je veux qu’on protège les chômeurs. Mais on protège comment ? Bien sûr, en les indemnisant ! En leur permettant de faire vivre leur famille – il ne manquerait plus qu’on ne le fasse pas – mais surtout en leur donnant les moyens d’exercer un nouveau métier. Regardez ce qui s’est passé avec les salariés de Lejaby. Ils fabriquaient des sous-vêtements dans le textile. Eh bien le textile, il y a une concurrence effrénée en Inde et ailleurs, ça ne marche plus. On va les former, les salariés de Lejaby, pour qu’ils soient dans la maroquinerie, la maroquinerie haut de gamme. Et grâce à l’engagement des entreprises, ces personnes vont pouvoir reprendre un métier ! Il y a une salariée, à 57 ans, qui me dit : « Mais vous croyez qu’à 57 ans, je peux apprendre un nouveau métier ? » Je lui dis : « Oui, Madame ! Parce qu’à 57 ans, on n’est pas fichu ! On n’est pas foutu ! » Et on a autre chose – si vous me permettez cette expression – et on a autre chose à faire que de rester chez soi à attendre la retraite, à déprimer et à se sentir inutile, socialement et économiquement.

LF : Mais pour des résultats comme Lejaby ou Photowatt, où vous étiez hier, il y a Arcelor Mittal, par exemple, aujourd’hui, qui annonce que le…

NS : Mais je vais me…

LF : ... Que Gandrange ne va pas ouvrir ! Il y a Preciturn, reportage dont nous avons fait état hier.

NS : Mais bien sûr. Mais Laurence Ferrari…

LF : Combien de salariés ?

NS : Mais d’abord réjouissons-nous quand on arrive à régler des problèmes ! C’est quand même le rôle du président de la République et du gouvernement de régler les problèmes ! On ne va pas me critiquer aussi quand je règle les problèmes ! Ca va de critiquer quand on ne les règle pas ! On devrait se réjouir ! Je regardais les chiffres de la croissance. On a l’impression que du côté de l’opposition, on était triste parce que la France est en croissance. Il faut se réjouir ! C’est notre pays ! Le pays n’appartient pas à la gauche, il n’appartient pas à la droite, il n’appartient pas au centre ! C’est les Français ! Alors bien sûr qu’il y a d’autres secteurs. Mais quelle est la base de tout ? La base de tout, c’est que depuis trente ou quarante ans, on a dévalorisé le travail. Et que tout mon projet, c’est de remettre le travail au centre de tout ! Quand on est indemnisé, parce qu’on est au chômage, on va être indemnisé parce qu’on se trouve en formation professionnelle.

LF : Qui sera obligatoire d’ailleurs ?

NS : Eh bien si on n’a pas de chance de retrouver un emploi dans son secteur, on vous proposera une formation dans des secteurs porteurs d’emploi, mais il faudra prendre cette formation et à l’issue de cette formation, il faudra prendre un emploi qui corresponde à la formation qu’on vous aura donnée ! Plutôt…

LF : Avec une contrainte.

NS : Mais il y a une contrainte, non ! Ca s’appelle quoi ? Des droits, d’un côté et des devoirs de l’autre ! Moi, je ne veux pas d’une société où quand on perd son emploi, on est dans le mobile-home ! Comme aux Etats-Unis ! Mais à l’inverse, c’est grâce aux cotisations de ceux qui travaillent qu’on peut financer l’indemnisation du chômage ! Il y a des droits, et puis il y a des devoirs. Et moi, je crois au travail. Et finalement, on aura une société qui sera organisée de la manière suivante : tous ceux qui ont la force, la santé pour travailler auront un emploi, ceux qui ont la force et la santé mais pas d’emploi, on les mettra en formation professionnelle. Et puis il y a ceux qui n’en peuvent plus, parce qu’ils sont malades, parce qu’ils ont connu des accidents de la vie, parce qu’ils sont éloignés de l’emploi depuis trente ans. Pour eux, on aura la solidarité. Mais l’assistanat n’a pas sa place ! La solidarité pour ceux qui ne peuvent pas travailler, la formation ou l’emploi pour ceux qui ont la force de travailler. Le travail, c’est une valeur centrale.

LF : On va parler des valeurs justement. Vous comptez sur des valeurs de président de droite : travail, responsabilité, autorité ; c’est dans le but de rassembler votre camp pour le 1er tour ?

NS : Je peux dire une chose, parce que… Ca m’a choqué, ce que j’ai entendu. Je trouve ça tellement caricatural et tellement sot, au fond. Le travail, ça appartient à la droite ? Ca veut dire que vous me croyez tellement sectaire que je ne suis pas capable de comprendre que quelqu’un qui n’a pas mes idées peut aussi se reconnaître dans le travail ? Je crois au travail, je crois à la responsabilité, je crois à l’autorité, je crois à la solidarité, mais je parle à tous les Français ! Le débat de la prochaine présidentielle ne se jouera pas droite, comme gauche… contre gauche. Ce sont des débats du 20ème siècle. Nous sommes au 21ème. C’est sans doute la première élection du 21ème siècle. Vraiment. C'est-à-dire celle qui se jouera avec une France embarquée dans un monde complètement nouveau, qui a tous les atouts pour gagner, mais qui doit faire des changements, pour se trouver en situation de garder son rang et son modèle. Mais moi je m’adresse à tous les Français. Je leur dis d’ailleurs ce soir que j’ai besoin d’eux, pas simplement de ceux qui sont de droite, comme vous dites, mais il y a à gauche aussi des gens qui considèrent qu’on ne peut pas dépenser plus qu’on ne gagne. Est-ce que vous croyez qu’il n’y a pas des Français aujourd’hui qui nous regardent et qui se disent : on n’a pas envie de connaître la situation de la Grèce. On n’a pas envie d’être en situation de faillite. On n’a pas envie de connaître la situation de l’Espagne. Est-ce que ceux-là, je ne devrais pas leur parler ? Je leur parle aussi. J’ai besoin du rassemblement le plus large, j’ai besoin de tous les Français, simplement qui aiment leur pays et qui sont convaincus que si la France est forte, ils seront protégés.

LF : Quelle campagne allez-vous faire ? Comment est-ce que vous allez retisser le lien qui s’est distendu avec les Français qui vous ont élu en 2007 et qui ont été parfois, déçus ?

NS : Ca, si vous voulez me faire dire qu’on n’a pas tout réussi, ça, c’est sûr. Mais moi je ne connais pas de gens qui ont tout réussi. Et je me présente devant eux, comme je l’ai toujours fait : en vérité. Quelle campagne je vais faire ? Je vais essayer de dire la vérité ; de poser les bonnes questions ; de proposer des idées fortes et de dire aux Français : choisissez maintenant. Ma campagne ça ne sera pas consister à dire matin, midi et soir, du mal des autres. Franchement, est-ce qu’on ne peut pas utiliser notre temps – j’entendais là, dans le reportage, le candidat socialiste, c’était une longue litanie contre moi. Il a le droit. Mais il n’a donc pas d’idées à proposer ? Il n’y a pas des choses plus intéressantes que de parler de moi ? Franchement, je comprends qu’il me critique, mais il n’y a pas des idées à mettre sur la table ?

LF : Et vous, que pensez-vous de lui ?

NS : Non, mais écoutez, c’est certainement quelqu’un de respectable. Ce qui m’intéresse c’est plutôt les idées qu’il va avancer. Est-ce que vous croyez vraiment que dans la situation où se trouve le monde on peut dire aux Français : il n’y a pas besoin de faire d’économie ? Est-ce que vraiment c’est raisonnable de dire qu’on a les moyens d’embaucher 60.000 fonctionnaires de plus ? Est-ce que c’est raisonnable ? Nous avons un problème de pacte social, de protection sociale. Est-ce que c’est raisonnable de dire : l’immigration, on va régulariser tout le monde ? Je n’ai jamais été pour l’immigration zéro. Mais est-ce que c’est raisonnable de dire qu’on va régulariser tout le monde ? Notre modèle social ça va exposer qui ? Les étrangers en situation régulière qui eux aussi doivent être protégés et ne doivent être victimes d’aucun amalgame. Donc la campagne que je ferai, j’irai à la rencontre des Français. Je serai demain à Annecy. Dimanche à Marseille. J’ai des choses à leur dire. Je veux parler. Et finalement, je vais vous dire, pour moi cette campagne c’est comme une forme de soulagement. Parce que rencontrez les gens, discuter avec eux, proposer… j’ai des convictions, je veux les confronter aux Français. Et puis les Français choisiront. Qu’est-ce qu’ils veulent ? Est-ce qu’ils veulent une France faible ? On parle de… le rêve français. Oh, j’en ai vu dans ma longue carrière politique, des hommes politiques qui promettaient le rêve. Çà se termine toujours en cauchemar. Moi ce que je veux, c’est que les Français comprennent la situation où nous sommes. Les réformes que nous devons engager. Les choix que nous devons porter. Et c’est pour cela que, avec la force dont je suis capable, le dynamisme qui m’habite et surtout la conviction que notre pays a encore bien des choses à dire au monde, eh bien je suis candidat à l’élection présidentielle.

LF : Vous aviez hâte d’endosser ce costume de candidat ?

NS : Hâte ? Non, vous savez cinq ans à porter, à diriger un pays comme la France c’est à la fois passionnant et extrêmement exigeant. Mais j’ai hâte en tout cas de retrouver les Français sans la lourdeur du protocole, sans la lourdeur de la fonction, sans tout ce qui entoure le président de la République. J’ai hâte de leur parler comme un Français que je suis, un Français maintenant candidat, un Français comme les autres. Alors j’exercerai mes fonctions de président chaque fois qu’il le faudra mais j’irai à leur rencontre.

LF : La campagne sera bien sûr émaillée de nombreuses polémiques. Aujourd’hui, Christian Vanneste, un député UMP a nié le fait que les homosexuels français aient été déportés pendant la Seconde Guerre Mondiale. Est-ce que vous condamnez ces propos ?

NS : Oui. Mais je vais même vous dire, je vais aller plus loin. J’aimerais tellement que dans la vie politique à gauche comme à droite, on arrête avec ces propos blessants, qui n’amènent rien. J’ai donné ma position sur le mariage homosexuel et l’adoption par des couples homosexuels. Mais tout ce qui de près ou de loin peut paraitre comme de l’homophobie, je l’ai en horreur. Et par conséquent, on n’a rien à faire avec des personnes qui ne comprennent pas qu’au 21ème siècle ce type de propos ça tire tout le monde vers le bas.

LF : Est-ce que vous avez appris des choses de ce quinquennat. Est-ce que vous avez des erreurs que vous ne voulez pas re-commettre ?

NS : Si j’ai appris des choses ? Bien sûr que j’en ai appris. J’en ai appris d’abord sur la France et les Français que j’ai rencontrés par centaines, par milliers, qui sont lucides. Qui demandent quoi ? Qu’on leur parle en vérité. Qui demandent qu’on comprenne où nous voulons les amener. Qui comprennent parfaitement qu’on ne peut pas tout réussir. Et puis qui ne veulent pas qu’on renonce. Vous savez, il y a quelques années, j’avais été choqué par une phrase d’un de ceux que vous avez montrés – Monsieur Jospin – qui avait dit à Vilvoorde : « on n’y peut rien contre le chômage ». Moi je n’ai pas été élu pour dire : on n’y peut rien. Donc quand les gens de Lejaby nous appellent, j’y vais. Quand Photowatt, il y a un problème, j’y vais. Vous me dites : Arcelor Mittal, c’est pareil. Parce que, quand on est élu, qu’on a la place et les responsabilités qui sont les miennes, on doit assumer ces responsabilités. Une valeur dans laquelle je crois. La démission, le renoncement, cette espèce de fatalité, je crois qu’on peut changer les choses. J’ajoute que par l’intermédiaire du référendum, ça sera une façon pour le peuple de France d’être comptable des engagements que je vais prendre. Et la certitude pour eux que les grands arbitrages en France seront tranchés par le peuple français. Pas dans un coin. J’ai vu au début là, quand j’ai fait cette proposition-là, oh là, là, tout le monde était contre. Mais c’est tellement simple ! On tourne en rond, entre gens qui se connaissent, on parle le même langage et on se met d’accord pour que rien ne change. Chaque fois qu’il y aura blocage, je ferai trancher le peuple français.

LF : Merci beaucoup Nicolas Sarkozy d’être venu ce soir sur TF1. Vous êtes donc président de la République et candidat à l’élection présidentielle. Demain c’est François Hollande qui sera ici sur notre plateau pour répondre à votre déclaration de candidature.


  

LA FRANCE DE L’EXCELLENCE 

par Valérie PÉCRESSE,

Ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l’État, porte-parole du gouvernement

Message vidéo diffusé lors de la XXII° Convention nationale du M.I.L (Assemblée nationale - janvier 2012)

Chers Amis,

Mon agenda ne me permet malheureusement pas d’être présente parmi vous aujourd’hui, et je le re­grette.

Le soutien que le MIL apporte aux forces de la majorité présidentielle lors des campagnes électo­rales, qu’elles soient locales ou nationales, est pré­cieux, et je tenais à vous en remercier sincèrement. La prochaine élection présidentielle, c’est sur le ter­rain qu’elle se gagnera et pour cela, mes chers amis, nous avons besoin de vous. L’heure est plus que ja­mais venue de nous rassembler autour du président de la République. Parce que l’enjeu, aujourd’hui, c’est de savoir si la France continuera à avancer sur le chemin du rétablissement et de la modernisation ou si elle reviendra en arrière.

Depuis 5 ans, avec l’ensemble du gouvernement, nous agissons pour préparer l’avenir de notre pays. Les réformes, nous les avons engagées avant même que la crise n’éclate, nous les avons engagées depuis le premier jour de ce quinquennat. Car pour nous, rendre la France plus forte, plus dynamique et ca­pable de protéger l’ensemble des Français, c’est d’abord la moderniser.

Ces réformes, vous avez pu très concrètement en constater les effets.

Je pense évidemment d’abord à la réforme de nos universités, que j’ai été heureuse de conduire pen­dant 4 ans et qui a dessiné les contours d’un ensei­gnement supérieur français totalement renouvelé. 100% de nos universités sont désormais autonomes et peuvent aujourd’hui affirmer leurs ambitions scien­tifiques et pédagogiques avec fierté pour faire réussir tous nos étudiants et rayonner dans le monde entier.

Je pense à la réforme des retraites, qui a d’abord été faite pour nos jeunes, pour qu’ils héritent de notre système de retraite par répartition, pilier de notre mo­dèle social.

Mais je pense aussi à la réforme de l’Etat, a tra­vers la révision générale des politiques publiques lan­cée en 2007. La RGPP, c’est plus de 500 mesures mises au service de la performance de l’action pu­blique. Ces mesures, elles améliorent la qualité des services publics et simplifient les démarches admi­nistratives : pensez aux délais d’attente en préfecture qui ont significativement diminué, pensez à la fusion de l’ANPE et des Assedic, pensez à la déclaration en ligne de l’impôt sur le revenu. Ces mesures, elles nous permettent aussi de réaliser des économies substantielles : 15 Mds d’euros d’ici 2013, qui nous garantissent des marges de manœuvre suffisantes pour financer nos priorités, et ce même dans les pé­riodes de ralentissement économique, comme celle que nous vivons aujourd’hui.  

Le choc de 2008 a été violent. Il a durablement frappé notre croissance et profondément touché les Français. Et cette crise n’est pas terminée. Mais, grâce à toutes ces réformes que nous avons con­duites, que nous continuons et continuerons à con­duire, nous saurons en sortir. Et en sortir renforcés. Car depuis le premier jour, nous travaillons quotidien­nement pour redresser le pays et protéger les Fran­çais.

Nous accélérons les réformes, nous accentuons les filets de protection des plus fragiles, nous rédui­sons nos déficits. Bref, nous construisons la France de demain. Le rebond par le désendettement et les réformes, voilà la voie que nous avons choisie.

La marche vers le désendettement est au­jourd’hui amorcée. Les résultats sont là : en 2011, nous avons ramené notre déficit public à 5,7 % de la richesse na­tionale. Cette baisse, mes chers amis, elle est histo­rique. Et en 2012, nous la pour­suivrons, de même qu’en 2013 et 2014, jusqu’à reve­nir à l’équilibre en 2016.

Nos réformes mettent en œuvre des priorités très claires. 

La première, c’est l’innovation. Et c’est pourquoi l’enseignement supérieur et la recherche sont au cœur de la vision et de l’action du président de la Ré­publique. 35 milliards d’euros d’investissements d’avenir, triplement du crédit impôt recherche, plan réussite en licence, développement de l’apprentissage, internats d’excellence : notre vision, mes chers amis, c’est celle d’une recherche dyna­mique et rayonnante et c’est celle d’une jeu­nesse qui, loin d’aller d’allocations d’autonomie en emplois-jeunes, réussit et s’insère plus facilement sur le mar­ché de l’emploi.

La deuxième de nos priorités, c’est l’emploi. Et c’est pourquoi nous réfléchissons aujourd’hui aux moyens d’abaisser le coût du travail. Car faire baisser le coût du travail en France, cela veut dire al­ler vers une économie plus solide, plus protectrice et plus créatrice d’emplois.

La troisième de nos priorités, c’est la protection des plus fragiles. Et là encore, nous avons été très actifs : nous avons augmenté l’allocation adulte han­dicapé, nous avons revalorisé le minimum vieillesse, nous avons créé le revenu de solidarité active. La conséquence, mes chers amis, c’est que les filets de protection sociale n’ont jamais été aussi so­lides dans notre pays.

Vous le constatez donc, le gouvernement est dé­terminé à sortir par le haut de cette crise. Mais il faut continuer à agir. Et, avec le président de la Répu­blique et l’ensemble du gouvernement, nous agirons jusqu’au bout. Nous agirons sans perdre une minute. Parce que c’est notre devoir. Parce que nous voulons rendre la France plus forte et plus compétitive, plus juste et plus solidaire. Pour cela, nous avons évi­demment besoin de vous. Et dans ces conditions, si les Français nous renouvellent leur confiance au printemps, je suis persuadée qu’un bel avenir s’offre à nous.

Je vous remercie.

Télécharger le journal de janvier 2012


  

LA DROITE :

UNE AMBITION SOCIALE 

par Marie-Anne MONTCHAMP,

Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale

Message vidéo diffusé lors de la XXII° Convention nationale du M.I.L (Assemblée nationale - janvier 2012)

Chères Amies, Chers Compagnons,

Je voulais tout d’abord vous dire combien je re­grette de ne pouvoir être présente parmi vous.

Pour nous autres, membres du gouvernement, c’est en effet toujours une joie de nous retrouver avec des militants. Militants, c’est sans doute le mot qui qualifie le mieux les membres du M.I.L. Militants, di­sais-je, mais pas n’importe quels mili­tants, militants gaullistes envers et contre tout, envers et contre tous aussi.

Depuis sa création, votre mouvement combat en effet avec vigueur le conformisme intellectuel qui masque souvent bien mal la paresse intellectuelle !

Parmi les lieux communs du prêt-à-penser, figure en bonne place l’idée saugrenue que la gauche serait naturellement sociale et généreuse, alors que la droite serait un affreux ramassis de réactionnaires anti-sociaux.

Dans ce domaine, comme dans d’autres, la droite en général et les gaullistes en particulier doivent sur­tout ne pas se laisser intimider par une gauche qui, malgré l’apostrophe célèbre de Valéry Giscard d’Estaing, prétend toujours au monopole du cœur !

Le régime d’indemnisation chômage, l’intéressement et la participation portés par le géné­ral de Gaulle et portés par Nicolas Sarkozy, la poli­tique contractuelle et la formation tout au long de la vie imaginées par Chaban et que modernise avec détermination aujourd’hui ma col­lègue Nadine Mo­rano, toutes les grandes lois sur le handicap impul­sées par Jacques Chirac et que j’ai eu l’honneur im­mense de porter en 2004 et 2005, le RSA voulu par Nicolas Sarkozy, ce n’est pas la gauche qui a fait tout cela !

Face au mensonge et au déni d’un PS qui oscille entre promesse irréaliste d’augmentation des dé­penses publiques et abandon de toute ambition so­ciale, au risque de faire le lit du FN, nous devons donc inlassablement rétablir la vérité.

Celle-ci, vous la connaissez : le conservatisme social, le conformisme intellectuel, le manque d’imagination, ce n’est pas chez nous qu’il faut les chercher ! C’est au PS ! Et même, disons-le, au Front national aussi !

La gauche, il faut cependant le reconnaître, n’est certes jamais avare en promesses sociales toutes plus généreuses les unes que les autres, mais ne semble jamais se soucier de leur financement et moins encore de leur caractère soutenable à long terme.

Je ne reviendrai pas sur les 35 heures, ni sur les funestes illusions de 1981.

Mais, aujourd’hui encore, à moins de recourir au matraquage fiscal dont elle se délecte, ou à accroître de manière démesurée les déficits et la dette, cause sans doute de leur opposition à l’indispensable règle d’or, on ne voit vraiment pas comment la gauche compte financer le retour à la retraite à 60 ans et autres étrangetés contenues dans son programme. Tout comme on ne comprend pas bien comment Ma­rine Le Pen peut justifier en vérité devant les Français une sortie de l’euro.

Quel contraste avec l’action de notre majorité !

Ce qui frappe en effet, c’est la cohérence et le sé­rieux du bilan social de Nicolas Sarkozy et de la majo­rité présidentielle.

Cet engagement déterminé en faveur de la pro­tection des Français, tout particulièrement de ceux is­sus des classes moyennes et populaires, il ne se paie pas de mots, il se vérifie dans l’action gouver­nemen­tale.

Pour nos compatriotes les moins favorisés d’abord, le gouvernement n’a cessé d’agir depuis plus de 4 ans.

Depuis l’institution du RSA jusqu’à la revalorisa­tion de 25% du minimum vieillesse et de l’allocation adulte handicapé, en passant par le développement sans précédent du logement social ou l’attribution d’un 10ème mois de bourse pour les étudiants, les catégories populaires ont été au cœur de nos préoc­cupations et de notre action.

Pour les classes moyennes ensuite, très diverses, mais qui ont en partage un sentiment très vif : celui d’être oubliées par les politiques, celui d’être celles qui paient leurs impôts et cotisations sans jamais re­cevoir d’aides sociales, celui d’être celles qui travail­lent dur et s’indignent d’autant plus des excès de l’assistanat.

Ce mécontentement des classes moyennes, Ni­colas Sarkozy, vous le savez bien, entend y répondre. Il en a fait une priorité fondamentale pour le gouver­nement. Avec lui, elles ne seront plus jamais ou­bliées !

Je pense bien sûr à la suppression des 2ème et 3ème tiers provisionnels de l’impôt sur le revenu pour 2009, qui a protégé le pouvoir d’achat de 5 millions de contribuables contre la crise, ou à la défiscalisation des heures supplémentaires dont a profité 1/4 des salariés, sans oublier l’exonération de droits de suc­cession pour 95% de nos compatriotes.

Alors, c’est vrai, nous sommes profondément so­ciaux, mais certainement pas socialistes !

C’est sans doute, aux yeux de beaucoup de commentateurs, un péché capital.

Mais nous n’adhérons en effet absolument pas au dogmatisme idéologique du PS, mélange indigeste de dirigisme outrancier, d’égalitarisme pervers, d’assistanat infantilisant et de communautarisme honteux.

Nous croyons, quant à nous, nous le confessons volontiers, à la juste récompense du mérite et de l’effort, à l’égalité des chances et non à l’égalitarisme niveleur, à la valeur travail et non à l’assistanat émol­lient.

Nous n’avons donc vraiment pas à rougir devant une gauche démissionnaire, démagogique et irres­ponsable. Nous n’avons pas à rougir devant une ex­trême-droite toujours plus sournoise, démagogique et dangereuse.

Oui, seule la droite a une ambition sociale !

Oui, c’est tous ensemble que nous devons aider Nicolas Sarkozy à continuer sa tâche au service d’une France forte et fraternelle !

Oui, le M.I.L. sera, comme toujours, au premier rang des militants qui porteront de nouveau Nicolas Sarkozy à l’Elysée !

Télécharger le journal de janvier 2012

  

LA FRANCE OU LA GAUCHE,

IL FAUT CHOISIR

XXIIème Convention Nationale

Le vendredi 20 et le samedi 21 janvier 2012, le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) a tenu sa XXIIème Convention nationale à Paris. Cette manifestation a réuni plus de 350 cadres du MIL représen­tant les délégations des régions et départements de métropole, d’Outre-mer et des Français de l’étranger.

Le recteur Christian LABROUSSE, président du MIL et président de séance, a ouvert les tra­vaux par un exposé de la situation économique de la France, suivi par une intervention de Jean-Paul GAR­RAUD, député de la Gironde, membre du comité d’honneur du MIL, expliquant l’impossibilité de con­juguer identité nationale et droit de vote aux étrangers ; le recteur Armel PECHEUL, vice-président du MIL, a démontré comment la gauche, sapant les bases de la société, se détermine contre les valeurs de la France ; Jacques GODFRAIN, président de la Fondation Charles de Gaulle, ancien ministre, membre du comité d’honneur du MIL, a rappelé la nécessité et la modernité de la Fondation qui fête ses 40 ans ; Yves GUENA, ancien président de la Fondation de la France Libre, ancien ministre, a, à son tour, rappelé que maintenir l’esprit gaulliste était un devoir ; Charles PASQUA, ancien ministre d’Etat, membre du co­mité d’honneur du MIL, a conclu la première partie de cette Convention nationale par une mise en garde : il faut tout faire pour empêcher la gauche d’arriver au pouvoir.

Jérôme CHARTIER, député du Val d’Oise, a ouvert la seconde partie en démontrant que, contre la crise, Nicolas SARKOZY était le meilleur atout de la France ; Marie-Anne MONTCHAMP, secrétaire d’État aux solidarités et à la cohésion sociale, a présenté, dans un message vidéo, l’action et l’ambition sociale de la droite ; Éric RAOULT, député de la Seine-Saint-Denis, ancien ministre, membre du comité d’honneur du MIL, a présenté l’action de la droite dans les banlieues ; dans un message vidéo, Frédéric LEFEBVRE, secrétaire d’État chargé du commerce, de l’artisanat, des PME et des professions libérales, a lancé un appel fort à soutenir Nicolas SARKOZY afin de poursuivre la nécessaire politique de réforme ; Roger KAROUTCHI, sénateur des Hauts-de-Seine, ancien ministre, membre du comité d’honneur du MIL, a lancé un appel à la mobilisation de chacun, le militantisme étant une nécessité pour la victoire de Nicolas SARKOZY ; Valérie PECRESSE, ministre du Budget, porte-parole du gouvernement, a, dans un message vidéo, rappelé que notre seule ambition était celle d’une France de l’excellence. Jacques ROU­GEOT, vice-président du MIL, professeur émérite des universités, a conclu la deuxième partie de cette Convention nationale par une mise en garde : la victoire de la gauche en 2012 ce serait la France en chute libre.

De nombreuses personnalités ont honoré de leur présence cette XXIIème Convention nationale du Mouvement Initiative et Liberté (MIL) qui a permis aux cadres du mouvement et aux personnalités pré­sentes de tirer les leçons du passé et de se mettre en ordre de marche pour les échéances électorales à venir. Tous ont exprimé, à nouveau, leur attachement aux valeurs gaullistes, civiques et patriotiques, ci­ment permanent de la nation française. Et c’est dans cet esprit que, en présence de Jean-François COPÉ, secrétaire général de l’UMP, le samedi 21 janvier, ils ont réaffirmé leur soutien sans réserve à l’action que mènent le président de la République Nicolas SARKOZY et son gouvernement.

Télécharger le communiqué de presse du 23 janvier 2012

Nicolas Sarkozy :

«Mes valeurs pour la France»

Le Figaro Magazine - Le moment est-il venu pour vous d'annoncer votre candidature?

Nicolas Sarkozy - J'ai dit que le rendez-vous approchait: il approche. Sous la Ve République, de tous les candidats potentiels à l'élection présidentielle, il en est un qui a plus de devoirs et moins de droits, c'est le Président. Il ne s'appartient pas. Il doit remplir pleinement les devoirs de sa fonction le plus longtemps possible. Je n'y dérogerai pas. Je remercie ceux de mes amis qui estiment que je devrais entrer en campagne plus tôt. Peut-être ont-ils raison? Peut-être même que cela aurait été mon intérêt? Mais avant mon intérêt, il y avait les devoirs de ma charge. Ce ne sont pas des cachotteries ni une forme de secret déplacé, c'est un raisonnement et une situation qui se sont imposés à chacun de mes prédécesseurs.

Savez-vous quand vous annoncerez votre décision?

Si la question est de savoir si j'ai réfléchi, sur le fond et sur la forme, ma réponse est oui. Comme pour toutes les décisions importantes, je prends le temps d'une réflexion longue et approfondie.

En attendant, l'opposition vous reproche de cultiver l'ambiguïté...

En 1988, quand les uns et les autres étaient les collaborateurs de François Mitterrand, je ne me souviens pas qu'ils aient été choqués de devoir attendre jusqu'au mois de mars! Je leur suggère plutôt de proposer des idées aux Français au lieu d'être obnubilés par ce que je fais ou ce que je devrais faire. Rien n'est plus important que de proposer des idées neuves aux Français. Des idées adaptées au monde d'aujourd'hui, non à celui d'hier.

En 2007, vous mettiez en avant les trois valeurs qui devaient guider votre action: le travail, la responsabilité et l'autorité. L'exercice du pouvoir vous a-t-il conduit à modifier cette hiérarchie?

Bien au contraire! Après cinq ans de mandat, je suis plus convaincu que jamais qu'il faut récompenser le travail et renforcer la considération qu'on lui porte. Il ne s'agit pas seulement de dire qu'il faut travailler pour réussir - c'est l'évidence - mais que le travail est une valeur en soi, nécessaire à l'accomplissement de l'individu comme à la cohésion de la société. Tout ce qui peut alléger le coût du travail, récompenser l'effort, le mérite, faire la différence avec l'assistanat, doit donc continuer à être mis en œuvre de façon systématique. Le chantier est immense tant l'habitude de déconsidérer le travail avait été prise dans notre société depuis le début des années 1980. Je mettrai sur le même plan la responsabilité. C'est elle qui donne son sens à la liberté. On est libre pour autant que l'on est responsable - vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis des autres. Je mets donc la responsabilité comme complément indispensable à la liberté. La liberté sans frein ni limite, la liberté comme principe d'une société où tout serait permis, où l'on n'aurait pas à rendre des comptes, n'est pas une valeur dans laquelle je me retrouve. Je crois à la démocratie, à la liberté de parole, à la liberté de critique, mais quand je vois ce que certains financiers ont fait de la liberté - liberté de gagner toujours plus, toujours plus vite et sans limite - je suis encore plus convaincu du danger d'une société sans règle, sans contrôle et sans régulation. Enfin, l'autorité. Car aucun système ne peut fonctionner sans respect des institutions, des règles, de la famille, des parents, de la personne humaine... Travail, responsabilité, autorité, je me reconnais plus que jamais dans ce triptyque! Ce sont les valeurs qui permettent de construire un projet personnel et collectif. Ce sont celles que j'ai toujours défendues.

Puisqu'il s'agissait de réhabiliter le travail, pourquoi ne pas avoir supprimé les 35 heures dès le début de votre mandat?

Quand je suis arrivé en 2007, la croissance était forte, le risque économique était celui de l'inflation. Nous avons immédiatement mis en œuvre la réforme des régimes spéciaux des retraites, qui a consisté à demander aux cheminots, aux électriciens, aux gaziers de travailler cinq ans de plus, comme les autres salariés. Dans le même temps, nous avons fait voter la loi sur le service minimum dans les transports en commun. J'ai considéré qu'il y avait un risque à ajouter à ces réformes si difficiles un débat sur les 35 heures. D'autant que nous avions supprimé tous les freins au travail grâce à la loi Tepa qui autorisait le recours aux heures supplémentaires dans le secteur privé comme dans le secteur public. C'était déjà une sérieuse brèche dans les 35 heures.

Mais, par la suite, vous auriez pu les supprimer totalement?

À l'été 2011, la crise financière est repartie. Elle fut si violente qu'elle a permis une prise de conscience chez les Français. Du coup, il devenait possible de faire avancer des idées, notamment les accords compétitivité-emplois, qui organisent la fin des 35 heures administratives, rigides et obligatoires. Car enfin, ce qui fut le plus nocif dans ce système, c'est son caractère général, autoritaire et déconnecté de la vie des entreprises! Ce fut une idée destructrice que de passer toutes les entreprises sous la même toise, quel que soit leur secteur ou l'état de leur carnet de commandes. La vraie réponse consiste à dire: si, dans l'entreprise, les salariés et le chef d'entreprise se mettent d'accord sur l'emploi, le salaire et la flexibilité, alors leur accord sera autorisé par la loi et primera sur le contrat de travail individuel. Voici le choix que nous avons fait avec François Fillon. C'est celui qui a permis aux Allemands de recueillir tant de succès dans leur lutte contre le chômage. Cette souplesse et cette flexibilité nouvelles profiteront à l'économie française et aux salariés qui bénéficieront de cet accroissement de la compétitivité.

Pour réduire notre retard de compétitivité, ne faudrait-il pas augmenter tout simplement la durée du travail?

Si vous voulez dire qu'il faudrait passer aux 37 heures, voire aux 39 heures payées 35, je ne suis pas d'accord. Travailler plus et gagner moins, c'est le contraire de la réhabilitation de la valeur travail. Je ne l'ai jamais proposé. C'est même le contraire de mes convictions les plus fortes. C'est pour la même raison que je n'ai jamais voulu remettre en cause la défiscalisation des heures supplémentaires pour les salariés comme pour les entreprises. Je trouve étonnant que ceux qui réclament le plus une augmentation du pouvoir d'achat exigent le démantèlement de ces dernières. En 2011, malgré la crise, les heures supplémentaires ont augmenté le pouvoir d'achat de 9 millions de salariés. C'est un succès considérable aussi bien social qu'économique. Il n'y a au fond que pour les retraites que nous avons fait une exception en demandant aux Français de travailler deux années de plus sans augmenter les pensions.

Pourquoi cette exception?

Parce qu'il en allait de la survie de notre système de retraites par répartition. Quand j'ai été élu en 2007, les retraites n'étaient pas financées pour 1,5 million de retraités. On allait chercher à la banque un argent que n'avait pas la Sécurité sociale. Avec notre réforme, les 15 millions de retraités ont désormais la certitude que leurs pensions seront versées. Tous ceux qui veulent remettre en cause cette réforme mentent aux Français.

Mais les socialistes n'annoncent plus le retour à la retraite à 60 ans pour tous...

Je me souviens encore des principaux candidats à la primaire socialiste affirmant solennellement aux Français au moment des manifestations qu'ils reviendraient à la retraite à 60 ans. S'ils y ont renoncé, il faut le dire aux Français qui alors auraient été trompés. Et s'ils proposent de revenir sur la réforme, il leur faut dire aux 15 millions de retraités et aux salariés qu'ils devront alors massivement augmenter les cotisations et les prélèvements. Le sujet est trop grave, trop lourd de conséquences pour se permettre la duplicité, la démagogie ou pire, le mensonge.

Le RSA n'a-t-il pas finalement plus encouragé l'assistanat que favorisé le travail?

Il faut dire la vérité: le RSA a mieux fonctionné comme instrument de lutte contre la pauvreté que comme outil de réinsertion. Il est vrai que la situation économique ne nous a pas aidés. Mais il est vrai aussi que notre système d'indemnisation du chômage fonctionne mal, au sens où il ne permet pas suffisamment à un demandeur d'emploi de retrouver un travail. Moins de 10 % d'entre eux sont en formation ; 75 % des demandes de formation des chômeurs ne sont pas satisfaites! Ces chiffres expliquent pourquoi les demandeurs d'emploi restent si longtemps au chômage. Il faut engager un changement profond de notre organisation, une forme de révolution.

Une révolution? Mais comment?

Certains économistes expliquent qu'on indemnise trop longtemps le chômage et que cela n'incite pas à reprendre un emploi. Je ne crois pas à ce raisonnement qui aurait pour conséquence une réduction de la durée d'indemnisation. Je propose de créer un nouveau système dans lequel l'indemnisation ne sera pas une allocation que l'on touche passivement, mais la rémunération que le service public de l'emploi versera à chaque demandeur d'emploi en contrepartie de la formation qu'il devra suivre.

Comment cela fonctionnera-t-il?

Passé un délai de quelques mois, toute personne au chômage sans perspective sérieuse de reprise d'emploi devra choisir une formation qualifiante. Celle-ci sera définie par un comité national qui identifiera, avec des chefs d'entreprise et des syndicalistes, les secteurs d'avenir créateurs d'emplois. À l'issue de cette formation, qui sera obligatoire, le chômeur sera tenu d'accepter la première offre d'emploi correspondant au métier pour lequel il aura été nouvellement formé.

Mais notre système de formation actuel ne permet pas d'y répondre!

Nous allons donc engager une grande réforme de la formation professionnelle. Aujourd'hui, elle fonctionne mal. Elle est éclatée entre des responsables multiples: les Régions, les organisations patronales et syndicales, l'Etat. Chaque année, 30 milliards d'euros sont consacrés à la formation professionnelle. Cet argent peut être et doit être mieux utilisé. J'ai confié une mission à ce sujet à Gérard Larcher. C'est à partir de son rapport que seront posées les bases de cette nouvelle réforme.

Vous comptez le faire d'ici au mois d'avril?

Cette réforme est tellement systémique qu'il n'est pas pensable de la mettre en œuvre aussi rapidement. Elle est capitale pour l'avenir du pays. Elle concerne directement les Français. C'est peut-être l'une des réformes qu'il faudra soumettre à leur jugement direct.

Vous voulez dire: par référendum?

Oui.

Après l'élection présidentielle?

Si un consensus se dégage parmi les partenaires sociaux, cela ne sera pas nécessaire. Mais si les intérêts particuliers, les obstacles catégoriels s'avéraient trop puissants, il faudrait sans doute réfléchir à l'opportunité de s'adresser directement aux Français pour qu'ils donnent leur opinion sur ce système d'indemnisation du chômage et sur la façon dont on doit considérer le travail et l'assistanat. Je crois que la meilleure façon de surmonter des blocages dans notre société, c'est de s'adresser directement au peuple français.

Mais vous-même, vous n'avez pas organisé de référendum durant votre quinquennat...

C'est vrai parce qu'en cinq ans, malgré toutes les réformes mises en œuvre, le pays n'a jamais connu de blocage. Sur les retraites, par exemple, il y a eu des manifestations, des protestations, mais la réforme, sans drame et surtout sans violence, a pu être adoptée et appliquée.

Les socialistes vous accusent de vous être engagé auprès de Bruxelles à augmenter massivement les impôts après l'élection présidentielle...

Je me pose toujours la question de savoir si c'est de la mauvaise foi ou de l'incompétence. Je ne trancherai pas, pour rester aimable. Je l'ai dit, je le répète: il n'y aura aucune augmentation d'impôts dissimulée. Il n'y a aucun projet caché. Nous ne masquons rien, nous ne dissimulons rien. Par ailleurs, si nous pouvons ne pas augmenter les impôts ni maintenant ni demain, c'est parce que nous poursuivrons l'effort indispensable d'économies engagé.

Comment s'assurer que les collectivités locales participeront à cet effort?

J'ai réuni, avec le premier ministre et les ministres, les dirigeants des associations représentatives des collectivités territoriales pour leur proposer un pacte de stabilité des dépenses publiques avec l'État. Elles doivent s'imposer des règles de diminution des dépenses comme le font désormais la Sécurité sociale et l'État. Pensez que, sur les dix dernières années, les effectifs de fonctionnaires des Régions, hors toutes nouvelles compétences liées à la décentralisation, ont augmenté de 173 %! Ceux des fonctionnaires des intercommunalités ont augmenté de 177 %! De 1998 à 2009, les effectifs des collectivités territoriales ont augmenté de 430.000! Dans le même temps, l'État a supprimé 160.000 postes de fonctionnaires depuis 2007. Cela ne peut pas durer.

Mais comment les y obliger?

Je souhaite que les collectivités fassent cet effort volontairement. Sinon, il faudra trouver les moyens pour que les dotations de l'État soient modulées en fonction de leur politique de maîtrise des dépenses. La France n'a pas le choix, elle doit réduire ses dépenses, son déficit et son endettement.

Vous avez décidé de mettre en place la fameuse TVA sociale...

Je récuse ce terme.

Comment l'appeler?

C'est une arme contre les délocalisations. Depuis dix ans, nous avons perdu 500.000 emplois industriels à cause des délocalisations. Y a-t-il un problème de coût du travail dans notre pays? Oui, c'est une évidence. Pas seulement avec les Chinois. Avec nos voisins européens et notamment allemands. Nous lançons un processus véritablement historique en augmentant de 50 % les allégements des charges qui pèsent sur le travail. Rien que dans l'industrie du bâtiment, ce sont 500.000 salariés qui seront concernés: dans ce secteur, les charges sur le travail diminueront de 5 %. Nos entreprises seront plus compétitives. Notre croissance sera plus forte. Nos emplois plus nombreux.

Au risque de peser sur le pouvoir d'achat?

Aucun économiste ne pense que l'inflation est aujourd'hui un risque. La concurrence est telle qu'il n'y aura aucune augmentation de prix liée à cette décision.

Pour créer un véritable choc de compétitivité, ne fallait-il aller plus loin et augmenter davantage la TVA?

Nous ne l'avons pas fait parce que nous devons tenir compte de la capacité des Français à accepter une mesure. C'est sans doute ce qu'il y a de plus difficile dans ma fonction. La question s'était déjà posée pour moi quand il a fallu décider du report de l'âge de la retraite. 62 ou 63 ans? J'ai considéré qu'à 62 ans, les Français penseraient que c'était raisonnable. S'agissant de l'augmentation de la TVA pour baisser les charges sur le travail, j'ai estimé que c'était une mesure tellement nouvelle qu'il fallait être raisonnable et modéré, c'est le cas avec cette augmentation de 1,6 %. J'ajoute que cette mesure a pour effet de garantir le financement de notre politique familiale en élargissant son assiette.

Les socialistes estiment qu'elle est injuste, puisqu'elle profiterait davantage aux «riches» qu'aux «pauvres»...

C'est un argument absurde! Le quotient familial existe depuis 1945. Pourquoi s'acharner à détruire ce qui marche bien en France? Je n'accepterai pas qu'on touche à la politique familiale. Le cœur de cette politique, c'est le quotient familial! C'est une injustice de vouloir accabler les familles des classes moyennes en supprimant le quotient familial. C'est une grande erreur que de confondre la politique familiale et la politique de redistribution. Pour la redistribution, il y a l'impôt sur le revenu, la CSG, les prestations sociales... La politique familiale est une politique en faveur de la natalité.

Êtes-vous favorable au mariage homosexuel?

Je n'y suis pas favorable. J'avais proposé en 2007 un contrat d'union civile. Nous ne l'avons pas mis en œuvre parce que nous nous sommes rendu compte qu'il était inconstitutionnel de réserver ce contrat aux seuls homosexuels. Ce contrat d'union civile aurait porté atteinte à l'institution du mariage. Cependant, j'ai veillé à garantir aux homosexuels les mêmes avantages en termes de succession et de fiscalité qu'aux couples mariés, mais dans le cadre du pacs. En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, je ne crois pas qu'il faille brouiller l'image de cette institution sociale essentielle qu'est le mariage.

Et l'adoption par des couples de même sexe?

C'est une des raisons pour lesquelles je ne suis pas favorable au mariage homosexuel. Il ouvrirait la porte à l'adoption. Je sais qu'il existe, de fait, des situations particulières avec des hommes et des femmes qui assument parfaitement leur rôle parental. Mais elles ne m'amènent pas à penser qu'il faudrait inscrire dans la loi une nouvelle définition de la famille.

Sur la fin de vie, souhaitez-vous une évolution législative?

Non. L'euthanasie légalisée risquerait de nous entraîner vers des débordements dangereux et serait contraire à notre conception de la dignité de l'être humain. La loi Leonetti est parfaitement équilibrée, elle fixe un principe, celui du respect de la vie. Pour le reste, laissons place au dialogue entre le malade, sa famille et le médecin. Cela s'appelle faire preuve de compréhension et d'humanité. On n'est pas obligé de légiférer sur tout et tout le temps.

En 2007, vous prôniez l'école du respect. Avez-vous le sentiment qu'il y a eu des progrès dans ce domaine?

Nous n'avons pas été au bout de la réforme de l'Éducation nationale. Les enfants ont changé, mais l'école pas assez. L'égalité, ce n'est pas de donner à chacun la même chose, c'est de donner à chacun en fonction de ses handicaps, de ses difficultés, de ses retards. Il va falloir augmenter fortement la présence des adultes dans l'école. Considérer que la classe est le lieu de l'enseignement, et l'école celui de l'éducation. J'aurai l'occasion de faire des propositions sur le sujet.

Mais comment faire sans augmenter le nombre d'enseignants?

Arrêtons de raisonner en termes d'effectifs: ceux-ci ont augmenté de 34.000 ces vingt dernières années alors que, dans le même temps, le nombre des élèves diminuait de 540.000. L'un des enjeux sera de revaloriser fortement la fonction d'enseignant, d'améliorer leur formation et de réfléchir à leur mission ainsi qu'à leurs conditions de travail. L'idée selon laquelle ils devaient être moins payés parce que l'école était fermée cinq mois de l'année est une idée d'un autre âge. Ce sera l'un des chantiers les plus importants. Il faudra faire preuve d'imagination. On ne peut pas s'en tenir aux archaïsmes alors que nous sommes entrés depuis douze ans dans le XXIe siècle.

Faudra-t-il un référendum sur l'école?

Paradoxalement, je ne le pense pas. Il serait vu comme un moyen de monter une partie de la société contre le monde éducatif. On ne peut pas faire une réforme de cette nature sans y associer les enseignants.

L'identité nationale a été un des grands thèmes de votre campagne en 2007. Le revendiquez-vous toujours aujourd'hui?

Il y a eu une polémique qui a détourné les Français des enjeux essentiels. Je voulais leur dire: soyez fiers de votre pays, nous avons des valeurs, nous ne ressemblons à aucun autre peuple, nous devons continuer à accueillir des étrangers, mais ceux que nous accueillons doivent aimer notre pays. Ce sont ceux qui arrivent qui doivent assimiler nos règles, ce n'est pas aux principes républicains de s'adapter. Nous avons pu intégrer dans le creuset républicain les vagues migratoires précédentes parce qu'il y avait chez les nouveaux venus une communauté culturelle et religieuse au fond très proche de notre histoire. L'immigration la plus récente est différente. Cela représente un atout mais cela pose également des questions redoutables, pour l'essentiel liées aux revendications communautaristes d'une minorité. La France a fait des efforts considérables pour créer des lieux de culte, pour que chacun se sente considéré, y compris dans ses différences. Mais il a également fallu fixer des limites. En 2008, dans mon discours devant le Congrès, j'ai expliqué que la burqa ou le niqab devaient être interdits. J'ai également demandé qu'on mette un terme aux prières de rue. Parce que les autres citoyens n'ont pas à se les voir imposer dans un pays laïc, mais aussi par souci de la dignité de ceux qui n'ont pas à pratiquer sur le trottoir. Enfin, l'an passé, nous avons procédé à l'expulsion d'une quinzaine d'imams qui proféraient des prêches violents. N'est pas le bienvenu sur le territoire de la République celui qui ne respecte pas la République. La France restera une terre d'accueil, c'est conforme à sa tradition, mais elle n'acceptera pas qu'on impose à la République des comportements absolument contraires à ses valeurs.

François Hollande propose d'accorder le droit de vote aux immigrés aux élections locales. Vous-même l'aviez envisagé par le passé...

Ce n'est vraiment pas le moment, avec tous les risques de montée du communautarisme. Le débat politique ne doit pas être communautarisé. Si les étrangers extra-européens pouvaient voter en France aujourd'hui, songeons comment risquerait d'évoluer le débat municipal dans telle ou telle commune: faut-il des cantines scolaires hallal? Des piscines réservées aux femmes? Est-ce cela que nous voulons? Ma réponse est non. Le droit de vote doit rester lié à la citoyenneté.

De la même façon, je dis très clairement que, contrairement à M. Hollande, je ne suis pas favorable à la régularisation des étrangers en situation irrégulière qui créerait immédiatement un appel d'air... Enfin, je pose la question de la juridiction compétente s'agissant du droit des étrangers. En ce domaine, la concurrence, et souvent la divergence, entre tribunaux administratifs et tribunaux judiciaires est source d'une grande confusion. Je pense que la juridiction administrative devrait être seule compétente en matière d'immigration.

Comment y parvenir?

Il faudra une réforme de la Constitution.

Vous proposerez un référendum?

C'est un sujet dont on peut débattre.

En matière de maîtrise de l'immigration, vos résultats ne sont-ils pas décevants?

Voyez les chiffres. Une nouvelle fois, j'entends beaucoup de mensonges. En 2011, nous avons expulsé 33.000 immigrés en situation irrégulière. Sous le gouvernement de M. Jospin, de 1997 à 2002, 9.000 étaient expulsés chaque année! Le niveau de l'immigration régulière a baissé de 3,5 % de 2010 à 2011 pour s'établir à 182.000. En 2002, c'était 207.000. Nous avons réformé le regroupement familial, désormais accordé sous conditions de logement et de ressources. Il est passé de 25.000 par an à 15.000. Cela prouve que le volontarisme est possible, y compris en matière de politique migratoire.

Dans le même esprit, je propose que, désormais, les titres de séjour obtenus par le mariage avec un Français (plus de 25.000 chaque année) soient soumis aux mêmes conditions de logement et de ressources. Ainsi nous combattrons plus efficacement les fraudes. Enfin, nous allons réformer les prestations accordées aux demandeurs de droit d'asile. Elles seront limitées quand le demandeur ne coopérera pas avec l'administration, quand il déposera sa demande plus de trois mois après son entrée sur le territoire, ou quand il refusera une offre d'hébergement.

Vous maintenez la décision de réduire l'immigration du travail?

J'assume la décision qui a été prise de la réduire. Nous avons eu 26 % d'immigrés professionnels en moins en 2011. 100.000 jeunes entrent sur le marché du travail chaque année à qui il faut trouver un emploi. Il y a 24 % de chômeurs dans la population immigrée. Pourquoi contester la nécessité de cette réduction? Mais il est un autre point sur lequel je voudrais insister. Il concerne l'ouverture de la France aux étudiants étrangers. Je veux corriger le mensonge de ceux qui, pour se donner bonne conscience, véhiculent des critiques infondées contre leur propre pays. La France a accueilli, en 2011, 60.000 étudiants étrangers. Autant qu'en 2010. Ils n'étaient que 50.000 en 2007 et 2008! Dire que nous avons refusé des étudiants étrangers est une contre-vérité. J'ajoute que le nombre d'étudiants diplômés travaillant en France à la fin de leurs études a augmenté de 17 % entre 2010 et 2011.

Regrettez-vous le discours du Latran où vous mettiez en avant les racines chrétiennes de la France?

Mais enfin, la France a des racines chrétiennes, et mêmes judéo-chrétiennes, c'est une réalité historique qu'il serait absurde de nier! Voyez le long manteau d'églises et de cathédrales qui recouvre notre pays. La France est née de la rencontre entre la volonté des rois et celle de l'Église. Jeanne d'Arc, dont on vient de fêter le 600e anniversaire de la naissance, est au carrefour de cette double volonté. Dire cela ne signifie pas qu'on appartient à une Église, ni qu'on adhère moins aux valeurs de la République ou au principe de laïcité. N'amputons pas la France d'une part de son histoire.

Que pensez-vous de l'idée d'introduire la laïcité dans la Constitution?

C'est très original! C'est déjà à l'article premier de la Constitution! J'espère que, dans les semaines qui viennent, on fera preuve d'un peu plus d'imagination! Le débat ne pourra qu'y gagner...

Serait-il normal que Marine Le Pen ne puisse pas se présenter faute de signatures?

Je considère qu'un courant politique qui réunit plusieurs millions de citoyens à chaque élection doit pouvoir être représenté à la présidentielle.

Êtes-vous partisan d'un retour à l'anonymat des parrainages?

Le Conseil constitutionnel est saisi. Nous verrons ce qu'il répondra. Par principe, je suis opposé à l'anonymat. La démocratie, c'est la transparence: un élu doit dire ce qu'il fait à ses concitoyens. Cela dit, je ne serais pas opposé à ce qu'il y ait, à l'avenir, une évolution de la législation pour permettre aussi à un certain nombre de citoyens de parrainer le candidat de leur choix. Les problèmes actuels ne se poseraient plus.

On vous prête l'intention de publier un livre où vous feriez une sorte de mea culpa...

J'ai toujours été contre la repentance, je ne vais pas changer aujourd'hui. Ce qui ne veut pas dire que je ne sois pas capable de réfléchir à ce qui a été réussi pendant ces cinq années, et à ce qui l'a été moins.

Justement, de quoi êtes-vous le plus fier?

Qu'il n'y ait pas eu de violence sans que jamais nous n'ayons été amenés à reculer ou à retirer un texte. Rappelez-vous ce qu'on disait en 2007! Avoir pu faire tous ces changements, toutes ces réformes, sans qu'il y ait eu de blocage est un motif de satisfaction.

Et votre regret?

Quand je vois tout ce qu'il reste à faire et que nous n'avons pas fait...

Alexis Brezet

Repris du Figaro-Mag du 11/2/2012

TRIOMPHE ET TOMBEAU

DE FRANÇOIS HOLLANDE

par Jean D’ORMESSON

L’écrivain dresse dans le Figaro du 12 et du 13 novembre 2011 un portrait sans concession du candidat socialiste. Son dernier ouvrage paru est : «La Conversation», Editions Héloïse d’Ormesson (2011))

Il n’est pas sûr, il est peut-être même improbable, au vu des sondages d’aujourd’hui, que Nicolas Sarkozy soit réélu dans six mois pour un second et dernier mandat. Les me­sures de rigueur annoncées par François Fillon ne sont pas accueillies – c’est le moins que l’on puisse dire – par un enthousiasme exces­sif. Mme Le Pen à l’extrême droite, M. Bayrou au Centre, Mme Aubry à gauche, M. Mélen­chon à la gauche de la gauche se déchaînent contre elles. Les syndicats les condamnent. Une bonne partie de la droite modérée elle-même ne peut pas se résoudre à se prononcer en faveur d’un président qui, à ses yeux, a avili et compromis ses fonctions par son compor­tement. La victoire de François Hollande est à peu près acquise, et elle risque d’être écla­tante. Le moment est idéal pour se déclarer sarkozyste.

La question n’est pas de savoir qui l’emportera en mai 2012. On a longtemps été convaincu dur comme fer que ce serait M. Strauss- Kahn. On a pu croire que ce serait Mme Aubry. On a même pu imaginer que, par un coup du sort, ce serait Mme Le Pen. Il n’est pas tout à fait exclu que M. Bayrou, M. Mélen­chon, M. Montebourg se soient monté le bour­richou jusqu’à se persuader de leur chance de l’emporter. Tout sauf Sarkozy. N’importe qui sauf Sarkozy. Ce sera M. Hollande.

François Hollande est un parfait honnête homme. Il est intelligent, charmant, cultivé, et même spirituel. Il y a chez cet homme-là un mélange de doux rêveur et de professeur Nim­bus égaré dans la politique qui le rend sympa­thique. Il est mondialement connu en Corrèze. Ce n’est pas lui qui irait courir les établisse­ments de luxe sur les Champs-Elysées, ni les suites des grands hôtels à New-York ou à Lille, ni les yachts des milliardaires. Il ferait, je le dis sans affectation et sans crainte, un excellent président de la IVe République. Ou plutôt de la IIIe. Par temps calme et sans nuages. Il n’est jamais trop bas. Mais pas non plus trop haut. C’est une espèce d’entre-deux : un pis-aller historique. Ce n’est pas Mitterrand : ce serait plutôt un Guy Mollet. Ce n’est pas Jaurès ni Léon Blum : c’est Albert Lebrun. Ce n’est pas Clemenceau : c’est Deschanel. Il parle un joli français. Et sa syntaxe est impeccable. On pourrait peut-être l’élire à l’Académie française. Ce serait très bien. Mais en aucun cas à la tête de la Ve République, par gros temps et avis de tempête. C’est vrai : Sarkozy en a trop fait. Hollande, c’est l’inverse. Car n’avoir rien fait est un immense avantage, mais il ne faut pas en abuser.

Il n’est pas exclu, il est même possible ou plus que possible, que M. Hollande soit élu en mai prochain président de la République. C’est qu’à eux deux, M. Hollande et le PS, qui sont assez loin d’être d’accord entre eux – je ne parle même pas de M. Mélenchon ni de Mme Joly dont ils ont absolument besoin pour gagner et dont les idées sont radicalement op­posées à celles de M. Hollande - , ont des ar­guments de poids : la retraite à 60 ans (quand la durée de vie ne cesse de s’allonger), 60.000 nouveaux fonctionnaires (quand il s’agit surtout de réduire les dépenses publique), 30 % de baisse sur les traitements du président et des ministres (même M. Jean-Marie Le Pen, de glorieuse mémoire, n’a jamais osé aller aussi loin dans le populisme et la démagogie). Avec des atouts comme ceux-là, on a de bonnes chances de gagner.

Aussi n’est-ce pas dans la perspective de l’élection de 2012 que je me situe. C’est avec le souci du jugement de l’histoire. M. Sar­kozy, autant le reconnaître, a fait pas mal d’erreurs. A voir comment se présente la cam­pagne d’un Parti socialiste qui semble n’avoir pas appris grand-chose des leçons de son temps, ce sera bien pire avec lui qu’avec M. Sarkozy.

Les déclarations d’intention ne valent rien. Il faut des exemples vivants. M. Zapatero, en Espagne, est un homme plus qu’estimable. Il est socialiste. Le chômage en Espagne est plus du double du nôtre. M. Papandréou en Grèce est socialiste. Est-ce le sort de la Grèce que nous souhaitons en France ? M. Sarkozy a été plus attaqué, plus vilipendé, plus traîné dans la boue qu’aucun dirigeant depuis de longues années. Il a pourtant maintenu le pays hors de l’eau au cours des pires crises que nous avons jamais connues. Il n’est même pas impossible que Mme Merkel et lui aient sauvé l’Europe et l’euro.

Pour affronter le jugement de l’histoire, je choisis le camp, à peu près cohérent, Sar­kozy-Fillon-Juppé contre le camp, incohérent jusqu’à l’absurde, Hollande (Hollande prési­dent ? On croit rêver, disait Fabius) -Aubry -Joly-Mélenchon.

Bonaparte Premier consul prétendait que le seul crime en politique consistait à avoir des ambitions plus hautes que ses capacités, je suis sûr que François Hollande lui-même a des cauchemars la nuit à l’idée d’être appelé demain à diriger le pays avec le concours des amis de toutes sortes et étrangement bariolés que lui a réservés le destin.

Je veux bien croire – je n’en suis pas si sûr – que pour 2012 les dés sont déjà jetés, que les handicaps du président sortant sont bien lourds pour être surmontés, que le retard est trop rude pour être rattrapé. J’imagine très bien l’explosion d’enthousiasme sur la place de la Bastille ce soir de mai 2012 où l’élection de M. François Hollande à la magistrature su­prême sera enfin annoncée. Je me demande seulement dans quel état sera la France en 2014 ou en 2015.

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IL FAUT SIGNER LA DECLARATION DU MIL CONTRE LE DROIT DE VOTE AUX ETRANGERS

"PROGRAMME 2011 DU PARTI SOCIALISTE :

Nous donnerons le droit de vote aux élections locales pour les étrangers en situation régulière résidant dans notre pays depuis cinq ans, ainsi que l'éligibilité."


Depuis longtemps déjà, la gauche s’est fixé comme objectif d'accorder aux étrangers le droit de vote, en commençant par les élections locales. En 1988, Mitterrand avait appelé de ses vœux l’octroi du droit de vote à tous les étrangers. On se souvient que le M.I.L avait mené une grande campagne et plusieurs pétitions en 1988, en 1989 et en 2010 auprès des Français contre ce principe et avait obtenu gain de cause.

C’est un sujet qui est d'une particulière gravité, et sur lequel nous ne pouvons faire aucune concession. L'article 3 de notre Constitution est clair : «  La souveraineté nationale appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. (…) Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques ». Sont donc électeurs seulement les nationaux français : c’est évident et c’est le bon sens même.

Comment imaginer que des étrangers, fussent-ils installés en France depuis un certain temps, puissent accéder au droit de vote sans au préalable avoir acquis la nationalité française ?

Quel pourrait être le degré d'implication de quelqu’un qui a acquis la nationalité française, parfois sans le vouloir, alors qu'il n'a même pas la connaissance de l'histoire de notre pays, des traditions de notre pays, de la législation de notre pays et des usages de notre pays ? La France a toujours accepté d’accueillir des étrangers à condition qu’ils manifestent une réelle volonté de s'assimiler.

Pour préserver notre citoyenneté, nous avons le devoir de réserver strictement l'acquisition de la nationalité française à ceux ont la volonté de s’assimiler, qui respectent nos lois et nos coutumes et qui partagent nos valeurs.

L’intention du constituant de 1958 de lier droit de vote et nationalité ne fait aucun doute. En effet être français implique des devoirs qui ont pour corollaire notamment le droit de vote.

Nous disons catégoriquement NON au projet socialiste. Notre refus ne présente aucun caractère d'ordre racial, et encore moins raciste. Nous savons que des hommes et des femmes de toutes origines, de toutes races sont des citoyens français à part entière pleinement intégrés à la communauté nationale, qui contribuent à la prospérité et au rayonnement de la France.                   

Mais nous disons aussi que dans toutes les élections publiques, quel qu'en soit le niveau, le droit de vote doit être réservé aux citoyens français.


ÊTRE FRANCAIS, CE N’EST PAS SIMPLEMENT PAYER DES IMPOTS

Le raisonnement de la gauche partisane du droit de vote aujourd'hui est alors simple : si les étrangers sont soumis à l'impôt, il faut leur accorder en contrepartie le droit de vote.

Non seulement cet argument ne tient pas, mais en plus, il est d'une extrême perversité.

S’il est vrai qu’un certain nombre d'étrangers payent des impôts, certains aussi bénéficient du RSA, des alloca­tions familiales et autres aides. Le solde n’est sûrement pas en faveur de ceux que l'on croit. Donc lier le droit de vote au paiement d'un impôt est un argument sans aucune valeur.

De même, lier le droit de vote à l'impôt revient à réin­troduire dans notre droit l’idée du suffrage censitaire. Voilà la grande avancée sociale des socialistes au XXIème siècle : faire un bond quasiment de deux siècles en arrière en réintroduisant le suffrage censitaire.

Si le critère d’octroi du droit de vote consiste dans le paiement de l'impôt et non plus dans la détention de la nationalité française, il faudra en effet accorder le droit de vote à certains étrangers, mais ne faudrait-il pas aussi le retirer à certains de nos concitoyens ? Cette conséquence est intellectuellement perverse et totalement inacceptable.

Cet argument purement économique, fondé sur le paiement de l’impôt, est hors de propos. On n’achète pas en payant un impôt le droit de participer à la souveraineté fran­çaise comme on achète en payant un droit de douane l’autorisation d’introduire en France une marchandise étrangère.

On pourrait objecter qu’il y a une exception au principe général du droit de vote : c’est pour les ressortissants européens qui peuvent voter aux municipales et euro­péennes. Il faut reconnaître que, dans la Communauté européenne, le droit de vote est réciproque et que les pays qui la composent ont en commun, dans une certaine me­sure, une civilisation et une histoire. En tout cas, cette extension limitée du droit de vote est une frontière que nous ne saurions en aucun cas franchir.

UN CALCUL CYNIQUE DE LA GAUCHE

Ne nous leurrons pas : si en 2012 la gauche était élue, on peut être assuré qu’elle accorderait progressivement aux étrangers résidant en France le droit d’être électeurs et éligibles à toutes les élections, locales et nationales. D’ailleurs, d’ores et déjà, les élections locales sont aussi des élections nationales puisqu’elles sont à la source du processus d’élection des sénateurs.

Au-delà de l’atteinte qu’elle porte à un principe essentielle, la gauche vise aussi un objectif cyniquement électoraliste. Accorder le droit de vote aux étrangers, c’est une façon d’acheter leurs suffrages, c’est un moyen de déséquilibrer fortement et durablement le corps électoral français, donc de cadenasser les élections à venir en assurant pour longtemps à la gauche une majorité automatique.

Être citoyen français, c'est prendre en charge l'héritage d'une civilisation et d'une histoire et se sentir responsable du destin de notre pays dans les bons et les mauvais jours.

Être citoyen français, avec ses droits et ses devoirs, c'est un tout qui ne se divise pas.


Pour empêcher cette dénaturation de la citoyenneté française, il faut dabord SIGNER LA PRESENTE DECLARATION, il faut surtout BATTRE LA GAUCHE EN 2012

DONC SOUTENIR LE SEUL CANDIDAT CAPABLE DE LE FAIRE,

NICOLAS SARKOZY

Signer la présente déclaration

Télécharger le tract du MIL


  

2012 : SARKOZY

OU LA DÉCADENCE ,

IL FAUT CHOISIR

par Jacques ROUGEOT, professeur émérite à la Sorbonne, vice-président du MIL

Après une longue période de confusion, la situation électorale de la France est en grande partie dé­cantée. Les forces appelées à s’affronter au printemps 2012 sont dans l’ensemble identifiées et elles prennent leurs po­sitions sur le champ de bataille. En particulier, le champion de la gauche pour l’élection présidentielle est dési­gné ; c’est François Hollande. Bien entendu, comme toujours, le com­bat consistera en un affrontement entre la droite et la gauche. Il pourra y avoir quelques trouble-fête, mais, à l’arrivée, le vainqueur sera soit la gauche, soit la droite.

PREMIÈRE PHASE : EUPHORIE À GAUCHE

Les chiffres sont éloquents : au début du mois de novembre, le candi­dat de gauche à la présiden­tielle était crédité de 62 % des suf­frages. A quoi était due cette dis­proportion extrava­gante entre les deux camps ?

D’abord, sans doute, à une rai­son conjoncturelle. La primaire socia­liste avait bénéficié d’une promotion médiatique qui avait pulvérisé toutes les bornes de l’équité.

La personnalité de M. Hol­lande jouait aussi son rôle. Com­ment peut-on haïr M. Hollande, surtout quand il bénéficie du re­poussoir de Mme Au­bry ? Même dans le camp d’en face, il n’avait pas d’ennemis farouches.

Il faut aussi avouer que l’impopularité de Nicolas Sarkozy faci­litait les choses pour son ad­versaire. Père Fouettard anti-social pour la gauche, il déçoit une partie de la droite, qui lui reproche cer­tains gestes du début de son quin­quennat (comme l’ouverture à gauche). Pour elle, il n’est pas as­sez président, pas assez père de la nation, pas assez gaullien.

L’euphorie à gauche est due aussi à la suprématie restaurée du parti socialiste, qui semble éloigner le risque de l’amère surprise de 2002 (Jospin absent du deuxième tour).

Les alliés du PS ne font pas peur. A l’extrême-gauche, Mélen­chon affiche des positions qui in­quiéteraient si on les prenait au sé­rieux, mais sa faconde distrait et désamorce les in­quiétudes.

Reste le cas d’Eva Joly. Il est vrai qu’elle n’a pas grand-chose pour elle. C’est déjà une singulière indécence de prétendre représen­ter et pour ainsi dire incarner, un pays dont elle ne fait que bara­gouiner la langue. Elle semble avoir au plus profond d’elle-même un compte à régler avec la France dont elle s’acharne à extirper tout ce qui l’a constituée au cours des siècles. Mais, dans un premier temps, on met tout cela sur le compte d’un magistrat incorruptible qui fustige toute tentation de relâ­chement.

Pendant que François Hol­lande, lyrique, promet de «réen­chanter le rêve de la France», la droite de gou­vernement se débat dans des difficul­tés qui ne peuvent que la rendre im­populaire.

L’euphorie de la gauche n’est pas troublée non plus par Marine Le Pen, qui pourra peut-être même priver la droite de second tour à la présiden­tielle. En attendant, elle continue à exercer le ministère du verbe afin de ratisser large, se si­tuant à la fois à droite de la droite et à gauche de la gauche, invo­quant de Gaulle pour faire enrager la vieille garde de papa, qu’elle juge encombrante, et propo­sant, en effet, une sorte de gaullisme taillé à coups de serpe, à la fois natio­nal et social.

RETOUR À LA RÉALITÉ : LE PS DÉVOILÉ

C’est très beau de vouloir, avec François Hollande, «réenchanter le rêve des Français», mais l’ennuyeux , c’est que le rêve est condamné à s’évanouir avec le réveil. Dès lors, quand la réalité quotidienne se saisit de nous, la formule apparaît avec sa vraie valeur, celle, comme disait Ver­laine, d’un «bijou d’un sou». Elle est à l’image de son auteur. Pourtant, il fait ce qu’il peut, M. Hollande. Ayant re­noncé, en même temps qu’aux ron­deurs, à l’humour qui faisait autrefois son succès et son charme, il prend des poses martiales, le visage grave, dans le style empereur romain de bande dessinée. Et puis, il a l’expérience des grandes affaires : n’a-t-il pas été consulté plusieurs fois par le premier ministre Lionel Jospin, qui pourrait peut-être lui donner un bon certificat ? Il a chassé le naturel, mais celui-ci n’est pas revenu au galop et c’est bien un personnage de théâtre qui semble briguer la magistrature su­prême. N’allons pas plus loin dans les comparaisons et n’ayons pas la cruauté de son ci-devant camarade Mélenchon, qui l’a assimilé à un capi­taine de pédalo.

Il n’est pas étonnant qu’il ait été choisi par son parti et un grand nombre de sympathisants comme leur candidat à l’élection présidentielle. Par parenthèse, quand on voit de quelle souris hollandaise a accouché la montagne de la primaire socialiste, on se dit que Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé n’ont pas eu tort de dénoncer l’opération comme nous l’avions fait nous-mêmes, et que cer­tains, à droite, auraient dû appliquer le principe de précaution avant de chanter les louanges de ce mode de sélection.

Si l’on voulait qualifier en quelques mots la nature profonde du parti socialiste et de la gauche en gé­néral, on pourrait dire qu’ils sont irres­ponsables, démagogues, sans scru­pule et déconnectés du temps pré­sent. On pourrait multiplier les exemples qui illustrent ce jugement. On se contentera des plus évidents.

La crise actuelle fait l’objet d’analyses variées quant à son origine et à son évolution. Il y a pourtant au moins deux points qui rencontrent un accord quasi unanime : la gravité de cette crise et la nécessité de faire des économies sur les dépenses pu­bliques afin d’alléger le poids des dettes écrasantes qui pèsent sur de nombreux pays, en particulier la France. C’est cette conjoncture que choisit F. Hollande pour promettre de recruter soixante mille fonctionnaires supplémentaires dans l’éducation na­tionale. Cette mesure, déjà nocive en régime de croisière, apparaît comme une véritable provocation dans le mo­ment présent. Elle ne s’explique que par la volonté de favoriser l’électorat de base du socialisme, qui se situe dans l’enseignement. Elle s’ac­compagne d’une erreur flagrante et démontrée sur le coût de l’opération. Cette erreur est-elle vo­lontaire, rele­vant d’une incompétence inquiétante, ou bien délibérée, ce qui serait le signe d’un évident cynisme ? Le choix est limité.

Si l’on regarde la réalité en face, on est bien obligé de comprendre et de dire que tout le monde sera touché par les nécessaires mesures de re­dressement et que l’une des con­traintes inéluctables que nous avons à affronter provient des marchés qui, en fixant de fait le taux d’intérêt de nos emprunts, fixent aussi la part de notre budget que nous devons consacrer à leur remboursement. C’est cette réa­lité élémentaire qui est niée par la gauche quand elle décrète que les «travailleurs», n’ayant aucune res­pon­sabilité dans la crise, n’ont pas non plus à en subir la moindre consé­quence et quand elle critique Nicolas Sarkozy de prendre des mesures en ayant le regard fixé sur les marchés. C’est aussi pertinent que si l’on criti­quait les paysans de s’organiser en fonction des aléas climatiques ou si on leur assurait que, n’étant pas respon­sables des chutes de grêle, ils ne doi­vent pas non plus avoir à souffrir des récoltes détruites. Tout cela repose sur la croyance infantile qu’il existerait quelque part un gigantesque magot que quelques individus impitoyable­ment égoïstes garderaient herméti­quement cadenassé pour que les braves gens ne puissent pas en profi­ter. Il suffirait dès lors de leur faire rendre gorge pour que la situation se rétablisse sans efforts de notre part.

Explication par le cynisme, avons-nous dit plus haut. C’est bien le cynisme qu’il faut invoquer à propos de l’engagement d’accorder le droit de vote aux étrangers dans les élections locales, ce qui s’accompagnerait évi­demment d’un appel à une immigra­tion massive, avant d’étendre le droit de vote des étrangers à tous les scru­tins. Qui pourrait croire que de telles mesures seraient favorables pour notre pays, déjà grevé par un chô­mage étouffant et en proie à des af­frontements communautaires ? Mais qui ne voit que ce serait un moyen pour la gauche de se doter d’une clientèle électorale qui lui assurerait une victoire automatique dans tous les scrutins à venir ?

Pour ne pas allonger la liste, ter­minons par la question du nucléaire, véritable pierre de touche de l’irresponsabilité de la gauche. Pour présenter comme une évidence la dé­cision de réduire fortement ou de sup­primer l’industrie nucléaire, on n’a qu’à prononcer un nom magique, censé ré­pandre la terreur dans les populations sans autre argumentation : Fukus­hima. On oublie simplement de dire que ce qui s’est produit au Japon ré­sulte de la conjonction de deux condi­tions extrêmes, un gigantesque raz de marée et un violent tremblement de terre, dont aucune, même isolément, ne peut se produire en France. On pourrait ajouter que, s’il s’agit effecti­vement d’une catastrophe, celle-ci n’est pas un phénomène unique et n’est pas pire que d’autres, en particu­lier d’origine minière, qui se sont pro­duites dans l’histoire.

Les esprits étant ainsi mis en condition, on entre dans la phase exaltante des discussions entre verts et socialistes, et à l’intérieur de chaque parti, pour savoir quelle pro­portion de l’industrie nucléaire fran­çaise on va sacrifier. Va-t-on discuter sur des critères techniques ou sur des broutilles telles que la possibilité de remplacer l’énergie nucléaire par d’autres sources d’énergie ? Nulle­ment. On va échanger des centrales accordées aux socialistes contre des circonscriptions électorales accordées aux verts. Bien entendu, l’idée même qu’il faille développer notre parc nu­cléaire qui est un immense atout pour notre pays n’est même pas évoquée. On atteint là un degré de bassesse qui devrait disqualifier la gauche de toute prétention à gouverner la France.

Ces quelques exemples montrent que ce n’est pas seulement sur cer­tains points techniques, sur quelques solutions pratiques que les socialistes et leurs alliés sont critiquables. C’est sur des questions essentielles qu’ils sacrifient les intérêts de la France à des considérations subalternes. Leurs faux-semblants ne résistent pas à l’épreuve des réalités.

LES ATOUTS DE NICOLAS SARKOZY ET DE LA DROITE

A première vue, la lutte est iné­gale. D’un côté, comme on l’a dit, un président et un gouvernement aux prises avec d’énormes difficultés quo­tidiennes dont ils risquent d’être ren­dus responsables. En face, des ad­versaires qui n’ont rien d’autre à faire, à l’échelon national, qu’à préparer leur stratégie électorale sans être entravés par des actions, éventuellement impo­pulaires, dont ils auraient à rendre compte. Pourtant, la situation ne se présente pas en ces termes sim­plistes. Il ne faut pas réduire les com­portements, même électoraux, du peuple français à quelques réactions grossièrement élémentaires.

Tant qu’on est encore loin de la date du scrutin, la plupart des gens ju­gent les futurs candidats par rapport à une idée avantageuse qu’ils se font d’un homme d’Etat qui appliquera exactement la politique qu’ils souhai­tent ou par rapport aux espoirs qu’ils ont conçus. L’exercice risque fort d’être défavorable au pouvoir en place, car il est bien rare que celui-ci remplisse toutes les attentes. Souvent même, une mesure qui aura été prise, ou qui ne l’aura pas été, sera suffi­sante à elle seule, si elle a déplu, pour déclencher les foudres de telle partie de l’électorat. La phrase qui revient le plus souvent dans les conversations est : «Je ne voterai jamais pour un homme qui a fait ceci (ou qui n’a pas fait cela)», sans prendre en considé­ration les actions que l’on approuve.

Mais à mesure qu’on se rap­proche de l’échéance, le jugement de­vient comparatif. On se rend compte qu’on n’a pas à choisir entre un mo­dèle idéal et un homme imparfait, fail­lible et entravé dans son action, mais entre plusieurs hommes (ou femmes) imparfaits. On choisira donc en fonc­tion d’une sorte de bilan. Par exemple, dans le cas de Nicolas Sarkozy, cer­tains électeurs de droite lui reproche­ront de n’avoir pas été assez ferme envers l’immigration, mais ils savent que ce sera bien pire avec la gauche. Comme ils sont sensibles aux valeurs traditionnelles, ils prendront aussi en compte le fait que la gauche au pou­voir légaliserait le mariage entre ho­mosexuels, l’adoption par des couples homosexuels, l’euthanasie, certaines drogues, etc.

Plus généralement, et presque intuitivement, on sera sensible à la fa­çon dont un homme incarne la fonc­tion présidentielle plus même qu’au détail de sa politique. C’est un aspect que Nicolas Sarkozy avait sans doute mal évalué au début de son mandat. Depuis lors, il a sensiblement redressé la situation, non seulement en renon­çant à certaines attitudes qui pou­vaient passer pour de la désinvolture, mais surtout par la façon dont il a exercé son «métier de président» (le terme n’a rien de restrictif, puisque Louis XIV parlait déjà du «métier de roi»). A ce sujet, son action dans le traitement de la crise financière, que ce soit en 2008 ou aujourd’hui, a été déterminante. Cette crise est si pro­fonde et si complexe que la plupart des Français n’ont pas d’idée très pré­cise des mesures techniques qu’il convient de prendre pour la juguler. Mais tout le monde a été frappé par l’énergie déployée par le Président et par son autorité, qui lui ont permis de peser sur le déroulement des événe­ments.

L’action de Nicolas Sarkozy dans la crise se situe à la jointure de la poli­tique intérieure et de la politique étrangère. On a coutume de dire que la politique étrangère n’a guère de conséquences électorales. C’est vrai au sens direct du terme, mais la vérité profonde est plus nuancée. Les élec­teurs sont certainement peu sensibles aux relations diplomatiques tradition­nelles que nous pouvons entretenir avec les autres pays. Mais au­jourd’hui, ces relations ne sont pas confinées dans des cabinets feutrés, elles sont en grande partie assumées par le chef de l’Etat. C’est une façon pour celui-ci non seulement d’assumer sa fonction, mais d’incarner visible­ment la France. Il ne fait guère de doute que les Français voient avec satisfaction notre pays constituer avec l’Allemagne un duo dirigeant à la tête de l’Europe.

Même l’intervention de la France en Lybie, décidée par le président, a dû produire un bon effet, alors que les raisons n’en sont pas d’une évidence aveuglante. On n’est pas absolument obligé de se contenter des raisons humanitaires officielles, conformes au politiquement correct. On peut en re­vanche avouer discrètement qu’on n’est pas mécontent de voir que la France demeure l’un des rares pays au monde capable d’intervenir de fa­çon déterminante hors de ses fron­tières en faisant la démonstration im­peccable de l’efficacité de son armée et de son armement.

En somme, les Français peuvent vraiment dire, parodiant la formule va­ticane lors de l’élection d’un nouveau pape : «Habemus presidentem», nous avons un président, ce qui pour­rait les dispenser d’en chercher un autre.

LA MOBILISATION POUR LA FRANCE

Ces quelques constats, évidem­ment, ont pour objet principal de nous permettre de préparer au mieux les voies des élections de 2012 en envi­sageant les deux aspects de la situa­tion : ce que son électorat attend du président et ce que nous-mêmes nous avons à faire pour assurer sa réélec­tion.

Pendant longtemps, les son­dages ont été inquiétants, voire dé­sespérants, même si, pour notre part, nous avons toujours conservé notre sérénité et notre détermination, comme en témoignent nos écrits et nos campagnes d’affichage. Ils ont pris de meilleurs couleurs récemment, au début du mois de novembre. Les commentateurs y ont souvent vu un paradoxe : c’est alors que la crise s’assombrissait que le ciel électoral du président se dégageait. C’est qu’ils partaient de l’idée simpliste que les peuples font payer aux gouverne­ments la crise qui les frappe, comme en Espagne, en Grèce et, dans une certaine mesure, en Italie. En vérité, les peuples poussent vers la sortie les dirigeants qui donnent l’impression d’être dépassés par les événements et ils les remplacent non pas par des hommes aux paroles de miel, mais par des hommes qui leur paraissent ca­pables de prendre la situation à bras-le-corps.

Ce sont les mêmes ressorts qui semblent jouer en France, mais avec une distribution des rôles différente. La crise a produit l’effet d’un retour brutal à une réalité rugueuse, voire dramatique. Le décrochage de la gauche par rapport à cette réalité, son incapacité à s’abstraire de ses vieux refrains, de ses images d’un rose dé­lavé, à trouver des mots adaptés à la situation, à proposer des solutions crédibles, sont apparus crûment. Le comédien Hollande a eu beau forcer sa voix, surjouer son rôle, son person­nage s’est mis à pâlir tandis que le lutteur Sarkozy s’imposait de plus en plus.

Si cette analyse est juste, la con­clusion pratique s’impose tout natu­rellement pour le président et pour le gouvernement : il ne faut pas fléchir. Des sirènes aux charmes douteux font déjà entendre leurs voix pour dire qu’il ne faut pas être trop marqué, qu’il faut, par exemple, mettre Claude Guéant en sourdine afin de ne pas effaroucher les timorés. Ce sont ces sirènes-là qu’il ne faut pas écouter. Il faut renfor­cer la dynamique qui s’est enclen­chée, ce que seule peut produire une image globale de fermeté et de déter­mination. L’Etat et son chef doivent certes apparaître comme protecteurs, non pas sous la forme d’un Etat-nou­nou à la sauce social-démocrate, mais comme un Etat fort qui protège le pays en renforçant ses capacités de réac­tion contre des assauts redoutables.

Pour autant, même si un mou­vement prometteur s’est amorcé, il ne faut pas croire qu’il suffira désormais de le laisser courir sur sa lancée. C’est à partir de maintenant que la victoire s’orientera vers un camp ou vers l’autre. Pour notre part, toute notre force militante sera déployée sans ré­serve en fonction des moyens dont elle disposera.

Il faut que chacun soit bien cons­cient des enjeux du printemps 2012. Si la gauche l’emportait, ce serait, en quelques semaines, un pas décisif vers la décadence de la France dans tous les domaines. Dès le début, c’est le sort des grandes questions de mo­rale sociale qui serait réglé, celles que l’on jetterait en pâture aux plus fana­tiques parce qu’elles ne coûtent rien, celles sur lesquelles il est ensuite im­possible de revenir : mariage homo­sexuel, homoparentalité, euthanasie, drogue. Ce serait aussitôt la faillite sous la poussée des marchés dont on voit dès maintenant la puissance de destruction. Tout vote refusé à Nicolas Sarkozy et à l’UMP serait un pas dans cette direction.

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LA LIBERTÉ, LA CHARIA, LA FEMME

par François TERRE  de l’Institut

Il fallait s’y attendre. Sitôt les armes tues et détruit le kadhafisme, le vice-président du Conseil national transitoire Abdel Hafiz Ghoga l’a dit haut et fort : la charia, c’est-à-dire la loi islamique, sera la principale source de la future Constitution libyenne.

La charia consiste en un modèle juri­dique absolu. Ses règles émanent de Dieu et excluent donc toute règle de conduite extra-re­ligieuse. Tel est le fondement juridique infail­lible de la communauté des croyants. Le plus souvent, une Constitution se borne à préciser et compléter sa place centrale dans l’organisation centrale. Elle est reconnue par un cinquième de la population mondiale  de confession musulmane. Exclusive en Arabie saoudite et dans le sultanat d’Oman, elle a, au XXe siècle, reculé dans certaines régions : Turquie, Tunisie, républiques ex-soviétiques. Mais elle redevient conquérante depuis une di­zaine d’années en Iran, en Mauritanie, au Pa­kistan. Les poussées de l’islamisme actuelle­ment observées s’inscrivent dans cette évolu­tion.

Toutes ces femmes, souvent voilées, que l’on voit figurer dans les foules en liesse, attendent-elles avec impatience le retour de la charia ? Quel sort leur réserve pareil avenir ? Ceci : l’inégalité fondamentale de l’homme et de la femme entraînant un besoin de protection à l’intention de celle-ci. Mais qui dit alors pro­tection dit subordination.

Cet état l’accompagne sa vie entière, par rapport à son père, à son mari, à son frère. Point d’âge minimal au mariage, souvent dé­cidé sans son accord. A quoi s’ajoute, si l’on peut dire, une protection étendue à d’autres femmes expliquant la polygamie. Ensuite, lapi­dation de la femme adultère, répudiation par le seul mari. Une infériorité qui existe en bien d’autres domaines : en matière successorale, sa part héréditaire est réduite de moitié ; en justice, son témoignage vaut la moitié de celui de l’homme. Elle ne peut d’ailleurs être investie de quelque pouvoir d’ordre religieux ou poli­tique.

Certes, pareille infériorité ne se retrouve pas pleinement dans tous les Etats où il est référé officiellement à la charia. L’exemple de l’Egypte est volontiers avancé en ce sens. Il n’en est pas moins évident que l’invocation de la charia n’est pas sans incidence sur l’importance grandissante des forces islamistes de par le monde, tout particulièrement en Eu­rope.

Le livre impressionnant de Christopher Caldwell – Une révolution sous nos yeux. Comment l’islam va transformer la France et l’Europe (2009) – a révélé une réalité alar­mante. Citons : « Il existe des boucheries halal dans tout le continent. Il existe des fonds bour­siers conformes à la charia (comme ceux que propose la Deutsche Bank), réservés aux mu­sulmans qui ne veulent pas investir dans l’alcool, le tabac, le porc ou les jeux de ha­sard » (p.300). Autre exemple : « En Grande-Bretagne, 37 % des musulmans, âgés de 16 à 24 ans, veulent l’introduction de la charia et 37 % sont favorables à l’exécution de ceux qui re­noncent à l’islam » (p.302). Et, en France, la progression significative des mariages forcés, liés à l’attachement des musulmans à la cha­ria, a suscité, en 2006 puis en 2010, des ré­formes du droit français dont l’efficacité reste à démontrer.

Est-ce donc cela le progrès annoncé de la liberté ? On observe ici un curieux silence en attendant des discours électoraux sur un sujet, pour l’instant, tabou.

Repris du Figaro du 28/10/2011

Télécharger le journal Vigilance et Action N°271

  

Le patriotisme

est une valeur d’avenir

Par Jean François Copé

Au nom de quoi serait-il interdit d’être fier de la France, des valeurs qu’elle porte dans le monde et de ses succès ? La France, 5è puissance économique mondiale, un des pays où l’ont vit le mieux au monde, où l’indice de développement humain est le plus élevé en Europe. Un pays chargé d’Histoire, dont la richesse culturelle est enviée par tous. Ce pays que les autres continuent de regarder et d’écouter quand il porte haut la flamme de l’audace, de l’espérance et de la liberté, nous devons en être fiers !

Etre fier d’appartenir à son pays, voilà ce que j’appelle le patriotisme du XXIème siècle. Ce n’est pas le repli sur soi, ce n’est pas la peur de l’autre, ce n’est pas une nostalgie du passé. Le patriotisme du XXIè siècle, c’est être fidèle à nos racines, être ouvert sur les autres et sur le monde, avoir envie de vivre et de réussir ensemble ! Le patriotisme, n’est ni de gauche, ni de droite ; il doit tous nous rassembler. Il est une valeur d’avenir ! Ce patriotisme, je le vois chez nos soldats qui risquent leur vie en Libye ou en Afghanistan, pour défendre notre liberté et nos valeurs. Je l’ai vu aussi chez ces Tunisiens, ces Egyptiens, ces Libyens, ces Syriens dont la soif de démocratie et de liberté les a poussés à se soulever. Porter haut ses idéaux, servir et s’engager pour son pays, quelle plus belle mission ?

C’est dans cet esprit que j’ai proposé d’instaurer un « serment d’allégeance » pour la France comme nous aurions pu dire « engagement solennel » ou « serment d’engagement ». Peu importe la formulation, ce qui compte, c’est le symbole. Mon idée est d’instituer un moment solennel d’engagement à la Nation à travers un serment que prêteraient tous les Français, lors de la journée d'appel à la défense ou lors des cérémonies de naturalisation. Son objectif est de rappeler que la citoyenneté française implique des droits et des devoirs, dont le premier est de protéger son pays s’il est en danger. Il n’y a rien de scandaleux ou d’extrémiste à vouloir renforcer le lien entre les Français et la Nation. Ce que j’aimerais, c’est qu’on applique plus souvent en France la phrase de Kennedy : « Ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande-toi ce que tu peux faire pour ton pays ». Les Français ont très bien compris l’esprit de cette proposition : ils sont 62% à être favorables à la création d’une forme de « serment d’allégeance aux armes ».

Il y a de multiples façons de rendre à son pays un peu de ce qu’il vous a donné, dans le civil ou le militaire. C’est pour cela que j’ai déjà proposé de créer un service civique obligatoire, qui est le prolongement naturel d’un serment d’engagement envers la France. Depuis la suppression du service militaire, le sens du service et le lien armée-nation se sont estompés. Pire, la mixité sociale n’est plus un rendez-vous obligatoire. Un service civique obligatoire permettrait à chaque jeune de donner 4 mois de sa vie pour remplir des missions d’intérêt général et de rendre à la Nation un peu de ce qu’elle lui a donné tout en se découvrant un métier, une vocation ou un talent.

Au moment où l’action internationale menée par Nicolas Sarkozy nous rend fiers d’être Français, l’UMP refuse de renoncer à l’idéal de patriotisme, qui fait sa grandeur et sans lequel la France sortirait peu à peu de l’Histoire. Le patriotisme sera le talisman de la France pour affronter les défis d’un XXIème siècle dont le début est marqué par les crises et les bouleversements.

Vendredi 23 Septembre 2011

Collard et le FN

Lu dans Lectures Françaises

n°650 de juin 2011

L'avocat Gilbert Collard a dernièrement annoncé son ralliement au Front national, position pour le moins inattendue quand on se souvient qu'il a été membre du Parti radical valoisien et qu'en 1981 il a soutenu François Mitterrand. En répon­dant à quelques questions (voir le site in­ternet du Salon beige) voici comment il argumente sa décision :

« Je n'ai pas pris ma carte au FN, mais je suis très ami, et de longue date, avec Ma­rine Le Pen. Je suis mariniste. Mon lien est avec elle. Nous discutons souvent en­semble et nous ne sommes, d'ailleurs, pas toujours d'accord. Je ne l'ai pas attendue pour combattre l'euro, le traité de Maastricht ou la perméabilité de nos frontières. Mais je suis, par exemple, fondamentalement hos­tile à la peine de mort. Elle s'en remet, du reste, sur cette question, à un référendum.

Qu'est-ce qui vous a incité à vous rapprocher du FN ?

En France, dés que l'on ne s'éloigne pas du FN, on s'en rapproche... Trois raisons principales m'ont décidé. La première, c'est le déclin de notre pays, menacé de dilution par le mondialisme et qui ré-dame de vraies mesures à la fois de bon sens et "révolutionnaires". La deuxième, c'est la confiscation du pouvoir, l'aban­don du peuple et le déni des réalités du PS et de l'UMP. La troisième, c'est que le Front mariniste est 100 % républicain. Le procès en racisme intenté à Marine Le Pen est totalement obsolète. Marine, je la connais : elle n'est ni raciste, ni antisémite, ni xénophobe ! Moi-même, passionnément attaché aux droits de l'homme. Je ne me serais jamais rapproché de Marine Le Pen si elle n'avait pas levé l'hypothèque de l'an­tisémitisme. Je n'ai pas changé, c'est le FN qui a changé. [..] »

Commentaire de Lectures Françaises : « Nous pouvons tirer un commentaire et un constat de ce ralliement et surtout de sa dernière phrase : si ce que dit Maitre Collard est vrai, tous ceux qui ont jusqu'en 2007 soutenu Jean-Marie Le Pen et voté pour lui, parce qu'il défendait certaines positions qui leur convenaient, ne de­vraient pas voter pour sa fille, à moins qu'eux aussi aient changé... »

Étonnant, non ?

Jean-François COPÉ, secrétaire général de l’UMP s’adresse aux délégués du MIL à l’occasion de la XXI° Convention Nationale – février 2011

Mes chers amis,

Je voudrais d’abord vous dire combien je regrette de ne pas pouvoir être des vôtres aujourd’hui parce que, malheureusement, j’ai été retenu. Je voulais vous dire que je pense beaucoup à vous et que je voulais absolument vous adresser aujourd’hui un message.

D’abord parce que je veux saluer : 30 ans d’engagement de notre mouvement au service de notre pays la France.

Le MIL, c’est un mouvement qui, depuis bien longtemps, est animé par des convictions, par une solidité, par une cohésion très forte entre ses membres. Et vous savez, moi, j’ai toujours eu en tête le rôle du mouvement que vous animez et le secrétaire général de l’UMP que je suis n’oublie rien de l’engagement du MIL à ses côtés. Cette fidélité, elle n’a pas de prix à ses yeux et de mon côté, vous le savez, je suis très attentif à ce que le MIL puisse continuer son action.

Cet engagement militant, c’est la feuille de route que j’ai fixée à l’UMP, parce qu’il faut reconquérir le terrain que nous avons laissé à nos adversaires, à la gauche comme au Front national, et pour ça, il n’y a pas de secret, il faut se mobiliser, aller à la rencontre des Français et avoir des messages clairs sur nos valeurs. J’ai dit bien souvent qu’il fallait qu’on revienne à nos fondamentaux : les réformes courageuses pour la France, les questions d’emploi et de compétitivité et les questions liées au pacte républicain, à l’identité, à la sécurité, à la laïcité.

Tout autant de sujets sur lesquels, vous le savez, il faut dire les choses, et moi je pense que, quand je dis qu’on revient aux fondamentaux, eh ! bien on revient aux fondamentaux, style UNI ou MIL. On dit les choses, on appelle les choses par leur nom et on ne tourne pas autour du pot. On ne fait pas de langue de bois. Ca tombe bien, c’est notre marque de fabrique commune.

Donc c’est vrai, moi aussi j’en ai assez d’entendre qu’il y a des sujets dont on ne peut pas parler, dont on ne peut pas débattre. Moi je pense l’inverse, on doit pouvoir tout se dire dès lors qu’on respecte les valeurs de la République. Il n’y a pas de sujet tabou et il n’y a pas de sujet dont on ne puisse parler, sinon ce sont les Français qui ne nous écoutent plus.

Je pense à la sécurité, à la question sur l’application des peines. La tragédie du meurtre épouvantable de la petite Laëtitia à Pornic  en est une illustration. Il nous faut être intransigeants vis-à-vis de l’application des peines, de développer l’usage du bracelet électronique, par exemple face à des gens qui sont des criminels multi-récidivistes qui doivent être évidemment surveillés de très près.

Je pense, dans un autre registre, à la place des religions dans notre République laïque, en particulier de l’islam. Vous savez, je suis totalement hostile aux prières de rues, comme je me suis opposé à la burqa. Vous savez que j’ai porté cette loi, je suis, de la même manière, tout à fait opposé à ce qu’il y ait des minarets. En revanche, il faut qu’il y ait des lieux de culte décents qui ne soient pas ostentatoires pour que nos compatriotes musulmans puissent exercer leur culte sans être pris en main par des fondamentalistes ou des intégristes.

De la même manière, sur le plan économique : quand j’ai parlé de la TVA anti délocalisation, c’est pour dire que, si on baisse le coût du travail en baissant les charges sociales et qu’on augmente un tout petit peu la TVA, c’est pour empêcher nos entreprises et nos usines de fermer et de voir nos ouvriers se trouver au chômage. Ca se regarde et c’est ça la lutte contre les délocalisations, tout autant de sujets sur lesquels je souhaite qu’on se dise les choses. Alors, il nous reste  16 mois  pour aller à la victoire d’ici à 2012, pour faire gagner nos idées et pour soutenir celui qui, je le souhaite de tout cœur, sera notre candidat, Nicolas Sarkozy, pour qu’il puisse accomplir un deuxième mandat.

Moi je vous le dis, même si, ici ou là, vous avez des sondages qui sont un peu en berne, tout ça n’a aucune importance. Croyez-moi, ce qui compte, c’est mobiliser.

Je ne pense pas du tout que les Français aient envie de la gauche dans ce pays. Je ne pense pas qu’ils aient envie de Mélenchon, d’Hamon ou d’Aubry.

Je pense qu’ils ont envie qu’on continue les réformes, qu’on soit courageux, qu’on soit rassemblé, qu’on soit ouvert au monde, bref, qu’on soit dans notre temps et qu’on prépare l’avenir.

Je vous dis : tous ensemble, en rangs serrés. Vous savez, vous avez un secrétaire général qui vous aime, qui compte sur vous et qui a besoin de vous. Merci beaucoup, et à très vite, et bon anniversaire au MIL.

  

2012, PS AU POUVOIR LA FRANCE RUINEE

LES SOCIALISTES AVANCENT MASQUES

Chacun sait que les socialistes sont les champions du débat démocratique. Et en effet, ils parlent, ils parlent, ils parlent de tout et de n’importe quoi… A une petite exception près : ils ne parlent pas, et ils ne veulent surtout pas qu’on parle sérieusement, de façon argumentée et réaliste, de ce que serait la situation de la France dès le lendemain du jour où, par hypothèse, ils parviendraient au pouvoir. Il doit bien y avoir une raison, et c’est ce que nous allons voir.

En attendant, tout est bon pour détourner l’attention de l’essentiel. La recette est simple, ancienne et éprouvée : il suffit de débusquer des « affaires », sur lesquelles vont pouvoir se braquer les projecteurs médiatiques. Malheureusement pour la gauche, l’actualité n’en fournit que deux : l’affaires DSK et l’affaire Guérini, le manitou du PS marseillais, fortement soupçonné de prévarication sur une grande échelle. La première, après avoir été gênante, servira d’abcès de fixation et sera classée comme affaires de mœurs purement personnelle ; quant à la seconde, elle bénéficiera d’un traitement médiatique nettement inférieur à ce qu’elle mériterait.

Mais c’est la droite qu’il faut atteindre, et d’abord Nicolas Sarkozy. Puisque l’actualité se révèle infructueuse, on va réveiller des « affaires » qui remontent à plus de seize ans et qui tournent autour d’un candidat à la présidence de la République qui n’a même pas été élu et qui ne joue plus qu’un rôle effacé dans la vie politique. Curieusement d’ailleurs, les médias ne parlent presque pas de lui, mais essentiellement de Sarkozy, par l’intermédiaire de certains membres de son entourage. Bien entendu, si ces « affaires » ont dormi si longtemps et sont réveillées juste au bon moment, c’est une simple coïncidence, promis, juré, c’est que la justice suit son rythme imperturbablement.

Le bal des faux-culs est, certes, un divertissement couramment pratiqué dans la vie politique, mais celui-ci semble battre quelques records et il s’est transformé en danse du scalp autour de Nicolas Sarkozy.

UNE FRANCE SOCIALISTE TOMBERAIT EN CHUTE LIBRE

Un gouvernement socialiste en 2012 précipiterait la France dans la ruine pour des raisons très simples. Le PS n’a plus de boussole en matière économique et sociale depuis que le marxisme, même édulcoré, qui lui tenait lieu de doctrine s’est effondré. Il ne lui reste qu’une vague aspiration égalitariste qui ne peut produire qu’un nivellement par le bas. Il ne peut pas y renoncer parce que la clientèle électorale qu’il vise s’imagine que les efforts nécessités par la crise seraient supportés par les autres, c’est-à-dire «les riches» (la richesse commençant à 4.000 euros par mois d’après M. Hollande), sans s’aviser que l’appauvrissement des riches n’a jamais eu comme conséquence l’enrichissement des pauvres et que, de toute façon, la taxation à outrance des hauts revenus serait loin de suffire à fournir à l’activité nationale les moyens financiers dont elle a besoin. Les socialistes ont pour la France une vaste ambition, toujours la même : toujours plus de dépenses publiques, qu’elles soient nationales ou territoriales ; toujours plus de fonctionnaires ; toujours plus d’assistanat payé par la collectivité. Ils ont, pour guérir les maux de notre pays, un remède universel, toujours le même, emprunté aux médecins de Molière : saigner le malade par des ponctions fiscales massives et répétées.

Ces facteurs de déclin économique, inséparables du socialisme français, sont encore violemment aggravés dans la période de crise éminemment périlleuse que nous connaissons. Certaines erreurs de gestion, qui pourraient à la rigueur être rattrapées en régime de croisière, seraient immédiatement mortelles en 2012. Les marchés, en effet, ne feraient pas de sentiment et nous prêteraient au compte-gouttes, à des taux insupportables, les crédits dont nous aurions de plus en besoin pour essayer en vain de remplir des gouffres financiers de plus en plus profonds.

UN GOUVERNEMENT DE GAUCHE SERAIT PRISONNIER DE SES EXTREMISTES

Les éternels optimistes, ou plutôt les éternels inconscients, vont nous dire : « Tout le monde sait que le programme socialiste, plus archaïque que celui de 1981, est démagogique et inapplicable. Mais rassurez-vous : quand ils seront au pouvoir, ils s’arrangeront pour ne pas l’appliquer ». En fait, le gouvernement en aurait peut-être envie, mais il serait prisonnier. Les socialistes ne peuvent remporter les élections, puis gouverner, qu’avec le soutien massif de la gauche extrémiste. Cette gauche extrémiste, c’est non seulement celle du tonitruant Mélenchon, c’est aussi celle des Verts, qui est peut-être encore plus délirante et plus irresponsable. Il faudra, au moins au début, leur donner des satisfactions qui seront autant de boulets qui plomberont notre pays à l’intérieur, et plus encore aux yeux des étrangers, qui nous feront payer impitoyablement notre coupable inconscience.

La gauche en temps ordinaire, c’est toujours le déclin économique. La gauche en 2012,  ce serait la ruine immédiate et brutale.

POUR EMPêCHER LA RUINE,

IL FAUT BATTRE LA GAUCHE EN 2012

DONC SOUTENIR LE SEUL CANDIDAT

CAPABLE DE LE FAIRE, NICOLAS SARKOZY

Télécharger le tract du MIL

  

Gauche - Droite :

CE QUI NOUS DIFFÉRENCIE

par Armel PECHEUL,

ancien recteur, professeur des universités,

vice-président du MIL

Quand vous m’avez demandé de traiter de la différence entre la droite et la gauche, je me suis dit que c’était peut-être une bonne occa­sion de se munir d’arguments pour pouvoir ré­pondre à nos ad­versaires qui ont ten­dance à nous stig­matiser, et de reve­nir sur les fonda­men­taux pour savoir ce qui distingue la droite et la gauche.

Historiquement : la diffé­rence entre la droite et la gauche a une ori­gine ponc­tuelle, non idéo­lo­gique. Au moment de la Révolu­tion, le 28 août 1789, il se pose une ques­tion aux Etats Géné­raux : doit-on ou non ac­corder le droit de véto au Roi ? Il y a un président de séance et puis, à ce mo­ment-là, ceux qui sont plutôt pour accorder un droit de véto au Roi se sont mis à droite et ceux qui sont contre se sont mis à gauche. A partir de ce temps, ceux qui sont plutôt pour la pré­servation de l’ordre sont classés à droite et ceux qui sont plu­tôt con­testataires sont classés à gauche. Il n’y a pas d’autre origine idéolo­gique. On ne trouvera chez aucun grand fos­soyeur de l’humanité de gauche, ni chez Marx ni chez Lé­nine, d’explication sur la gauche et la droite. C’est en France que naît cette distinc­tion pour des rai­sons tout à fait con­jonctu­relles.


LA GAUCHE A ÉCHOUÉ

L’idée de République

Laïcité

L’anti-capitalisme


LES RAPPORTS DROITE/GAUCHE

La gauche et les régions

L’ordre moral

Disqualifier l’adversaire

L’émotion manipulatrice


SUR QUOI FAUT-IL RÉSISTER ?

La liberté

Pour l’égalité des chances

Une société de respon­sabilité et de sé­curité

L’identité nationale

L’indépendance nationale

Lire le journal N°268


  

Histoire de la dette publique

par François-Georges DREYFUS

professeur émérite à la Sorbonne, membre du comité d’honneur du MIL

Chers amis, chers compa­gnons, je vais essayer de poser un certain nombre de pro­blèmes au sujet de la dette. Il ne faut pas se faire d’illusion, la dette est un problème cons­tant dans l’histoire de France.


L’Etat manque d’argent

Depuis qu’il y a un Etat en France, c’est-à-dire depuis Phi­lippe Auguste (1200) ou Phi­lippe Le Bel (1300), l’Etat manque d’argent. Philippe Le Bel avait trouvé une solution ex­traordinaire. Il a ar­rêté les Tem­pliers (1307), il supprime l’ordre des moines-soldats, il ex­pulse les Juifs après avoir confis­qué leurs biens (1305), il expulse les banquiers lombards après avoir confisqué leurs biens. Ainsi il va peu à peu rétablir l’équilibre budgétaire et sup­primer la dette française. Puis il y a la guerre de Cent Ans (1337à 1453), que­relle dynastique entre la France et l’Angleterre. Bien évi­dem­ment cela coûte très cher et on s’endette. Pour payer les sol­dats et les armements, pour en même temps aider les paysans à survivre, pour compléter le ra­vitaillement d’un royaume.

Les choses s’arrangent sous Charles VII (1445), avec un mi­nistre des finances trésorier géné­ral, Jacques Cœur (1440), qui arrange les finances de la France mais qui arrange aussi les siennes (le palais de Bourges).

Nous sommes en 1491 : la fin du Moyen-Age. Dans ces conditions, les choses semblent aller mieux sur­tout avec son fils Louis XI mais les guerres d’Italie (1499), et la Renaissance artistique (Chambord) coûtent très cher. Dans ces conditions, avec les guerres de religions (de 1559 à 1594, sacre d’Henri IV), la si­tuation devient dramatique et il faut récu­pérer des moyens financiers. Henri IV a une idée gé­niale : il va vendre les fonc­tions et les offices. Si la République d’aujourd’hui vendait les titres de noblesse (500.000 € pour un titre de comte et de 200.000 € pour un titre de baron) je vous garantie qu’il y aurait des candidats et vous ar­riveriez à récupérer une soixan­taine de mil­lions. Ce n’est pas beaucoup mais c’est ce qu’a fait Henri IV.

Puis Louis XIV (1661-1715) avec Ver­sailles et les guerres a coûté très cher. Ainsi il n’y a pas de système véritable, en France, d’économie financière so­lide. D’où également des tentatives de réformes. Tout au long du XVIIIème siècle, nous avons une série de gou­vernants de grande qualité : de Ma­chault d'Ar­nouville (1745-1757) à Turgot (1774-1776) qui essayent de faire des ré­formes profondes. Mais en fait, elles échouent et la situation est ag­gravée par la guerre d’indépendance des Etats-Unis (1778-1783) qui va coûter ex­trême­ment cher. On reconsti­tue une flotte de grande qualité, certes, mais on se trouve dans une si­tua­tion telle que le roi est forcé de convoquer les Etats généraux et c’est la Révolution fran­çaise (1789). La Révo­lution va trouver une so­lution très simple : con­fisquer les biens du clergé et les vendre comme biens nationaux (1790), en créant une nouvelle monnaie qui est l’assignat (assignat signifie gagé) qui vau­dra un jour ce qu’elle vaut comme au bois du pa­pier c’est-à-dire rien du tout. Ar­rive Bonaparte qui rétablit les fi­nances et donne à la France une monnaie, le franc « germinal » en France, qui va être stable de 1802 jusqu’en 1914. Pen­dant 112 ans la mon­naie française est une monnaie modèle.


La 3ème Répu­blique

Aujourd’hui on nous dit «il n’y a pas de croissance car nous sommes endettés, nous avons un déficit budgétaire». Mais il y a un contre-exemple et le contre-exemple c’est la 3ème Répu­blique. La quasi-totalité des bud­gets de la 3ème Ré­publique sont des budgets équilibrés et généra­lement excédentaires et la crois­sance française est nulle. De 1870 à 1914, le PIB double en France, alors qu’il aug­mente de plus du triple en Al­lemagne. C’est le moment où commence le différen­tiel franco-allemand. Nous sommes dans une si­tuation qui va être extrêmement diffi­cile avec la Pre­mière Guerre mon­diale (1914-1918), déto­na­teur important sur le plan financier. A propos de la 3ème Répu­blique, je voudrais dire que la France a de l’argent. C’est la gestion du «bon père de famille». D’où des grands projets de cons­truction de che­mins de fer, de canaux (et en parti­culier on préconise la construction d’un canal du nord de l’Escaut à la Seine en 1887 par monsieur de Frayssinet et sera prévu et ter­miné paraît-il en 2014 !). Pendant ce temps-là l’Allemagne construit un canal qui va de la Rhur à la Vistule et par conséquent donne à l’économie alle­mande des moyens que nous n’avons pas. Le diffé­rentiel franco-allemand ne date pas de ces dernières années, comme on le dit un peu trop sou­vent dans les journaux, mais re­monte à la 3ème République où le taux de croissance allemand est toujours largement supérieur au taux de croissance français. On est très content  en France sous la 3ème Ré­publique quand la crois­sance du PIB annuelle est de 0,5 % et cela va durer pendant 40 ans.

Par con­séquent, la 3ème République est éco­nomiquement une période d’excédent bud­gé­taire, de diminu­tion de la dette et de sous-dé­ve­loppement écono­mique. On n’en parle ja­mais, on n’ose pas le dire mais c’est un élé­ment important. Il va disparaître un peu en partie entre 1920 et 1930. Mais à partir de cette date, l’économie allemande va faire un bond ex­traordinaire au temps du Führer, le na­tio­nal so­cialisme va reconstituer l’économie allemande dans des conditions beaucoup plus impor­tantes qu’on ne le croit, le PIB français de 1929 à 1938 diminue, le PIB allemand aug­mente de 50 % en 10 ans. Donc une situation que l’on re­trouve en fin de compte après la 2nde Guerre mondiale. Cette guerre est dra­matique à tous égards : la défaite de 1940, l’occupation coûte 400 millions de francs par jour que l’on verse à l’Allemagne. Si vous comptez que un franc de l’époque vaut presque ½ euro, donc 200 millions d’euros chaque jour donnés à un Etat oc­cupant. Dans quelle situation va-t-on se retrouver à la li­béra­tion ?

A la libération, la France a une dette im­mense qui repré­sente, selon les pé­riodes, entre 80 et 90 % du PIB, c’est-à-dire beau­coup plus qu’aujourd’hui. Et cela n’empêche pas la croissance ! Je vais être un peu méchant parce les ministres sau­tent très souvent et s’il n’y a pas de poli­tique mi­nistérielle il y a une politique de très hauts fonctionnaires. Est-ce que vous connaissez les noms des ministres des fi­nances de la 4ème République ? Vous en connaissez au moins un Antoine Pinay et vous connaissez aussi les grands fonc­tionnaires de l’époque Louis Armand à la SNCF, Jean Mon­net au Plan, etc… Et ce sont eux qui vont per­mettre au général de Gaulle et à Pinay no­tamment de reconsti­tuer l’économie française et les finances françaises entre 1959 et 1970.


La 5ème République

Du­rant la 5ème République, il n’y a pas de déficit pendant une période qui va de 1959 à 1978. Et pour­tant, ça n’empêche pas de grands projets, de grands programmes et de politiques d’économie considé­rables. Après 1970, avec le pre­mier choc pétrolier, la situa­tion fi­nancière s’aggrave incontesta­blement et les budgets sont presque tous déficitaires donc il faut emprunter. On est dans une situation comparable à celle avant 1789. On veut faire des réformes et on les fait mal. L’exemple le plus typique, parce que c’est celui qui va coû­ter le plus cher, c’est la réforme régionale, celle des col­lectivités locales où l’on voit, je crois ne pas me tromper, à la fois dans une région, un rec­teur, chancelier des universités et pa­tron de l’académie et un directeur régional de l’enseignement supé­rieur : il y a un double em­ploi.  Et le résultat est très simple : du­rant cette période, le nombre des fonc­tion­naires des col­lectivités locales passe de 600.000 en 1969 (fin du gouvernement du général de Gaulle) à 1.500.000 en 1996 à 2.700.000 aujourd’hui. Par consé­quent, voilà une réforme qui a été loupée. Pour la décentralisation, il faudrait peut-être avoir présent à l’esprit qu’elle pourrait se faire autrement. En Allemagne, les länder ont plus de pouvoirs mais en même temps une plus grande autonomie et plus grande li­berté. Il n’y a donc pas de double emploi. 

Je voudrais surtout souligner c’est que du­rant cette période le déficit budgétaire, la dette importante qui ne cesse de grandir n’a pas em­pêché la crois­sance écono­mique de la France. Mais cela a impliqué des vraies réformes. Je vais vous parler d’un souvenir très précis : j’ai été pen­dant six ans avec Jacques Toubon vice-prési­dent des clubs 89. En 1997-1998, nous avons préconisé mon collègue Bourdut, qui était l’autre vice-pré­sident du club, et moi-même une réforme de l’éducation na­tionale en cons­tatant  qu’au taux euro­péen il y avait envi­ron 80.000 en­seignants de trop. Il y en a en­core trop aujourd’hui, mal­gré les dégrais­sages très bien fait par les gou­vernements de M. Sarkozy. On en a supprimé que 50.000. Je prends un simple exemple : il y a en An­gle­terre, en Alle­magne et dans les pays scandi­naves de 15 à 16 élèves par enseignant. En France, nous sommes à 12,5. Donc il y a de la marge.

Ce sont ces genres de réformes qui sont très diffi­ciles à faire, qui demandent beaucoup de cou­rage, qui sont très impo­pu­laires et qui expli­quent un certain nombre de difficultés que ren­contre notre président actuel qu’il faut sou­tenir parce qu’il fait juste­ment les réformes qui sont néces­saires. En fait, ayons conscience que de 1960 à 2000, du temps des mon­naies franc et deutsche mark. En 1948, quand le deutsche mark est créé, il suffit de 80 cen­times pour avoir 1 mark. En 1959, 1 nouveau franc vaut 1 mark au point que les pièces de 5 Frs doi­vent être utilisées dans des ma­chines à sous alle­mandes. Mais, en 2000, au moment où va naître l’euro, le mark coûte 3 Frs et quelques centimes. Par consé­quent, il y a eu inflation en France et cela n’a pas em­pêché la crois­sance, je dirais presque, au con­traire. Car l’inflation est un moyen de faire disparaître la dette. Dans ces condi­tions, il ne faut pas que nous oublions quand même, quand on parle de ce genre de problème, des aspects négatifs de la dette parce qu’elle devient beaucoup trop lourde et les as­pects positifs que peut en­traî­ner une certaine inflation et un certain déficit budgétaire. Je ne vous cache pas, par exemple, que je regrette que le plan de relance ait été un petit peu «biscornu». 35 milliards, ce n’était pas assez. Il fallait y mettre 50 à 60 milliards d’euros. Lancer des programmes de construction du loge­ment, d’autoroutes et de remise en état des voies ferrées.

Voilà une vision peut-être pas tout à fait classique, une vision historiquement et politi­quement correcte mais qu’il faut avoir présent à l’esprit quand on fait des réu­nions avec des gens que l’on veut con­vaincre.

Lire le journal N°268

  

DE GAULLE

ET LA FRANCE

par Yves GUENA,

ancien ministre, ancien président du Conseil constitutionnel, ancien président de la Fondation de la France Libre et de la Fondation Charles de Gaulle, membre du Comité d'honneur du MIL

Intervention à l’Assemblée nationale en février 2011 à l’occasion du 30° anniversaire du MIL


Mesdames, chers amis, on m’a donc demandé de parler de de Gaulle et la France. C’est un sujet dont je suis habité et je dirais presque que le «et» me gêne parce que de Gaulle, c’est la France. C’est la France parce qu’au cours du siècle précédent (nous sommes maintenant au XXIème siècle),  par deux fois il a joué un rôle déterminant dans le destin de notre pays : la première fois en le sortant du déshonneur et de la défaite et la deu­xième fois en le replaçant au premier rang des grandes puissances. Mainte­nant, on peut dire que le général de Gaulle est dans l’histoire de France et qu’il y restera aussi longtemps qu’il y aura une histoire de France et j’espère qu’elle durera autant qu’elle a déjà duré puisqu’elle a mille ans d’existence, je lui souhaite de vivre encore mille ans et dans la ligne du général de Gaulle.

Lire la suite de V&A265

MODERNITÉ

ET GAULLISME

par Jacques GODFRAIN,

ancien ministre, président de la Fondation Charles de Gaulle, membre du Comité d’honneur du MIL

Intervention à l’Assemblée nationale en février 2011 à l’occasion du 30° anniversaire du MIL

Merci beaucoup de m’avoir convié à cette assemblée à laquelle j’appartiens depuis, je crois, les débuts et où je retrouve tellement de têtes amies qui n’ont pas changé. Nous n’avons pas changé, nous n’avons pas vieilli, nous sommes intacts, et intacts dans nos convictions. C’est ça l’essentiel. Nous avons convenu de parler de la modernité du gaullisme, et ce devant M. Yves GUENA qui est l’exemple même. Je l’ai rencontré à chaque fois que le gaullisme était pré­sent dans notre vie de tous les jours et cela colle bien avec  la réalité de cet après-midi. 

Lire la suite de V&A266

  

Les adhérent du MIL peuvent commander le dernier porte clé (3,5cm) ainsi que la médaille (6cm) du MIL ainsi que celle commémorative des 30 ans du MIL dans la partie réservée aux adhérents.

COMITÉ D'HONNEUR DU MIL :


Président  :

Raoul BETEILLE, conseiller honoraire à la Cour de cas­sation, ancien député, ancien président du MIL


Francis BALLE, professeur des universités

Auguste BLANC, ancien secrétaire général de la CSL

Jacques BOYON, ancien ministre, ancien député

Bernard DEBRE, ancien ministre, professeur de médecine, député de Paris

Arthur DEHAINE, ancien député

Paul DEHEUVELS, membre de l’Académie des Sciences, professeur des universités

Denise FLOUZAT, ancien recteur, ancien membre du Conseil de la politique mo­né­taire

Robert GALLEY, ancien ministre, Compagnon de la Libération

Jean-Paul GARRAUD, député de la Gironde

Philippe de GAULLE, amiral (CR), ancien sénateur

Jacques GODFRAIN, ancien ministre, président de la Fondation Charles de Gaulle

Yves GUENA, ancien ministre, ancien président du Conseil constitutionnel

Jean-Paul HUGOT, ancien sénateur, ancien maire

Lucien ISRAEL, professeur émérite de médecine

Roger KAROUTCHI, ancien ministre, sénateur

Bernard KERDELHUE, directeur de recherche au CNRS

Henry de LUMLEY, membre de l’Académie des Sciences, directeur de l’Institut de Paléontologie humaine, ancien directeur du Muséum national d’Histoire naturelle

Hugues MARTIN, ancien député, ancien maire de Bordeaux

Charles PASQUA, ancien ministre d’Etat, ancien sénateur

Didier QUENTIN, député-maire de Royan

Eric RAOULT, ancien ministre, député de la Seine-Saint-Denis

Jean TIBERI, député, ancien maire de Paris

Philippe VITEL, député du Var

Fernand WIBAUX, ambassadeur de France

Henry ZATTARA, professeur émérite des universités, doyen honoraire


membres du Comité d'honneur décédés :


René BESNAULT, amiral (CR)

Henri BIZOT, président d’honneur de la BNP

Marc BLANC­PAIN, président d’honneur de l'Alliance française

Alain de  BOISSIEU, général d'Armée, Compagnon de la Libération,  ancien Grand Chancelier de la Légion d'Honneur

Jacques BOMPAIRE, ancien recteur, ancien professeur émérite

Christian CABAL, ancien député, professeur de médecine

Michel CARAGE, Compagnon de la Libération

Pierre CLOSTERMANN, Compagnon de la Libération

Joseph COMITI, ancien ministre

Pierre DEBIZET, ancien résistant des services de renseignements et d'action de la France libre, délégué général honoraire du MIL

Maurice DELAUNEY, Ministre Plénipotentiaire, Ancien Ambassadeur

Frédéric DELOFFRE, professeur émérite à la Sorbonne

Xavier DENIAU, ancien ministre, ancien maire

François DOUMENGE, ancien recteur, ancien président de l’ORSTOM

Roland DRAGO, membre de l’Institut, professeur honoraire des universités 

François-Georges DREYFUS, professeur émérite à la Sorbonne

Jean-Pierre DULAU, Compagnon de la Libération

Anne Marie DUPUY, ancienne député-maire

Yves DURAND, ancien recteur, professeur honoraire des universités

Georges FLICOURT, officier parachutiste de la France Libre

Edouard FREDERIC DUPONT, ancien maire du 7 arr. de Paris

Jacques FOCCART, ancien chef de réseau de la France libre, ancien se­cré­taire général à la présidence de la République (1959/1974)

Alain GRIOTTERAY, ancien député, ancien maire

Jacques GUGGENHEIM, chef d'entreprise

Michel HABIB-DELONCLE, ancien ministre, député honoraire 

Gabriel KASPEREIT, ancien ministre, ancien député-maire

Christian de LA MALENE, ancien ministre, ancien sénateur

René LESECQ, Compagnon de la Libération 

Pierre LEROY BEAULIEU, ancien député

Jean LETOURNEAU, ancien ministre d'état

Jacques MAILLET, polytechnicien, Compagnon de la Libération

Dominique MARCILHACY, président commission participation du MIL

Jean MARSAUDON, ancien député-maire

Pierre MESSMER, ancien Premier ministre, Compagnon de la Libération

Robert PANDRAUD, ancien ministre, ancien député

Alain PEYREFITTE, ancien ministre, député-maire

Jean-Paul POURCEL, ancien préfet

Jacqueline RICHEROT, ancienne directrice politique du Dauphiné libéré

Paul RIVIERE, Compagnon de la Libération 

Jean Paul de ROCCA SERRA, ancien député

Alice SAUNIER SEITE, ancien ministre

Robert SCHULER, ancien délégué régional bourgogne du MIL

Maurice SCHUMANN, ancien ministre, Compagnon de la Libération

Solange TROISIER, ancienne député

Pierre de VERNEJOUL, professeur honoraire des universités

Bernard VILLEMOT, affichiste

Jean VOLVEY, Compagnon de la Libération

 Télécharger le Comité d'Honneur

LE DOSSIER DES CENDRES DU

GÉNÉRAL BIGEARD AUX INVALIDES

Une cinquantaine de députés et anciens généraux ont lancé une pétition pour soutenir la décision du ministre de la Défense de transférer les cendres du général Bigeard aux Invalides où reposent les gloires de l'armée française.

http://bigeardauxinvalides.fr/

Cette démarche fait contrepoint à l'appel lancé par une vingtaine d'intellectuels et de personnalités politiques de gauche opposées à l'hommage de la Nation à un "acteur de premier plan des guerres coloniales".

Pour le député UMP Bernard Carayon, à l'origine du soutien apporté au général décédé le 18 juin 2010, Marcel Bigeard était "un vrai républicain".

"Dernier de nos grands centurions qui 'déploya, selon le président Giscard d'Estaing, son courage pendant 23 années continues sur les terrains de combats de France, d'Asie et d'Afrique', le général Bigeard incarne les plus hautes valeurs de l'armée française", écrit-il.

"Je suis sûr que nous allons avoir des milliers de noms, pour ne pas dire des dizaines de milliers", a dit Bernard Carayon, député du Tarn, à Reuters.

Sa pétition a été co-signée par 43 autres élus UMP et une demi-douzaine d'anciens généraux, dont plusieurs ont servi sous les ordres de Marcel Bigeard.

L'ancien militaire avait exprimé le souhait que ses cendres soient dispersées à Diên-Biên-Phù, lieu d'une bataille perdue par la France en 1954 au Vietnam, mais les autorités vietnamiennes s'y sont opposées.

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a alors proposé leur transfert aux Invalides, une proposition acceptée récemment par la fille de l'ancien député de Toul, en Meurthe-et-Moselle.

Pour ses détracteurs, le général Bigeard, présenté comme "un héros des temps modernes, un modèle d'abnégation et de courage" a été "un acteur de premier plan des guerres coloniales, un baroudeur sans principes, n'hésitant pas à user d'ignobles méthodes".

Ils font allusion à la torture durant la bataille d'Alger en 1957. Marcel Bigeard, mort à l'âge de 94 ans, a toujours nié avoir lui-même pratiqué la torture mais a déclaré en 2000 qu'elle était un "mal nécessaire".

  

"LE GRAND THEME DE LA PRESIDENTIELLE SERA COMMENT AFFRONTER LA CRISE DE CIVILISATION"

HENRI GUAINO, CONSEILLER SPECIAL DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Ro : Quel rôle joue un conseiller spécial dans une campagne présidentielle ?

Lustukru : A quoi sert un conseiller spécial du président de la République ?

Henri Guaino : Dans une campagne présidentielle, aucun. Un conseiller spécial est au service d'une institution, en l'occurrence la présidence de la République. Si je dois participer à une campagne, ce ne sera pas en tant que conseiller spécial du président de la République, mais en tant que militant ou, si vous préférez, en tant que citoyen ordinaire.

Un conseiller spécial du président de la République est un conseiller qui a une vocation transversale, alors que tous les autres conseillers ont une vocation sectorielle. C'est une fonction qui fut inventée jadis par François Mitterrand, et dont le premier titulaire fut Jacques Attali.

Europe : Quelles sont les trois réformes les plus importantes du quinquennat Sarkozy, selon vous ?

L'autonomie des universités, les réformes des retraites et le crédit d'impôt-recherche. L'autonomie des universités est une véritable révolution qui aurait dû intervenir il y a sans doute déjà plusieurs décennies et qui devrait permettre d'enrayer le déclin de notre système universitaire, dans la mesure où l'on donne à nos universités le moyen de cette autonomie, ce qui est le cas avec le plan Campus et avec le grand emprunt, qui permet de les doter d'un capital.

Les réformes des retraites, parce qu'elles permettent de sauver le système de la retraite par répartition, qui est un des éléments essentiels de notre pacte social.

On oublie parfois qu'il y a eu deux réformes des retraites : le report de l'âge de la retraite, qui permet de faire face au défi démographique, et la réforme des régimes spéciaux, qui permet de se rapprocher du projet du Conseil national de la Résistance, qui préconisait un régime unique de Sécurité sociale et de retraite dans lequel tous les Français seraient traités à égalité.

Troisième réforme parmi celles qui ont le plus de portée : le crédit d'impôt-recherche, qui est un outil essentiel pour reconstituer une base industrielle compétitive après des années de déclin de notre industrie.

Fabrice : Si vous deviez reconnaître ne serait-ce qu'une erreur au cours de ces presque cinq années au cœur du pouvoir sarkozyste, que citeriez-vous ?

Il y a sans doute eu beaucoup d'erreurs. Peut-être la plus importante est-elle de n'avoir pas accordé une priorité assez grande à la redéfinition de notre projet éducatif, car restaurer l'école de la République n'est pas seulement un problème d'organisation des moyens ; la question de ce que l'on enseigne à nos enfants, de ce que nous voulons leur transmettre, du type humain que nous voulons former, est absolument essentielle, non seulement pour l'avenir de notre économie et de notre pacte social, mais aussi pour l'avenir de notre pacte civique.

Guillaume B. : Pensez-vous que Nicolas Sarkozy va se représenter ?

C'est une réponse qui n'appartient qu'à lui.

Guillaume : Pourquoi devrais-je, selon vous, voter pour M. Sarkozy ?

D'abord, attendez de savoir s'il va se représenter. Si c'est le cas, demandez-vous ce qui se serait passé si quelqu'un d'autre avait dû faire face à la succession de crises terribles auxquelles notre pays et le monde ont été confrontées depuis 2007.

Pierre : Pensez-vous que la multiplication des candidatures, à gauche comme à droite, soit une bonne chose pour Nicolas Sarkozy, s'il se présente ?

Nous verrons bien qui, en définitive, sera réellement candidat au moment de l'élection, c'est-à-dire qui aura la volonté d'aller jusqu'au bout, qui obtiendra les parrainages nécessaires, qui sera réellement prêt à affronter l'épreuve très dure que constitue une campagne présidentielle.

J'ai en tout cas une conviction, c'est que l'on ne gagne jamais une élection présidentielle en étant obsédé par ce genre de question. La seule question importante est de savoir pourquoi on est candidat, ce que l'on porte en soi, ce que l'on veut incarner.

Bref, il vaut mieux pour gagner une élection présidentielle, s'intéresser aux Français, à leurs besoins, à leurs aspirations, à leurs difficultés, et à la manière dont on veut y répondre plutôt que de s'intéresser à ce qui se passe dans le microcosme politique.

Europe : Dans une tribune au Monde, Alain Lamassoure [eurodéputé UMP] appelait à une primaire au sein de l'UMP en affirmant : "Contrairement à ce que croient trop de sortants, on n'est jamais élu sur un bilan. On est élu sur un projet, sur un espoir d'avenir, et le bilan ne sert qu'à rendre le projet crédible." Qu'en pensez-vous ?

Le bilan sert effectivement d'abord à rendre le projet crédible, ou plutôt à donner de la crédibilité à une personnalité. C'est dans l'action qui a été conduite que se révèlent la personnalité et le caractère de celui qui décide de se représenter au suffrage des Français après avoir gouverné.

Dimid : Quels seront, selon vous, les grands thèmes de l'élection présidentielle de 2012 ?

Le grand thème de l'élection de 2012, c'est : comment affronter la crise de société, la crise d'identité, la crise morale, la crise de civilisation que nous traversons. C'est de quelles qualités, de quel caractère faut-il être doté pour affronter le monde périlleux dans lequel nous entrons.

Baptiste : Quelles sont, pour vous, les chances de gagner pour l'UMP en 2012 ?

Dans l'élection présidentielle, on choisit une personne, non un parti. La question sera de savoir non pas quel parti, mais quelle personnalité révèlera les qualités nécessaires pour gouverner la France dans la situation actuelle.

François : Pensez-vous que François Fillon est réellement un premier ministre ? M. Sarkozy fait tout lui même, et ne laisse pas ses ministres s'exprimer.

Le premier ministre fait son travail, les ministres aussi. Chacun peut s'exprimer, chacun peut proposer, chacun est dans son rôle. Il est vrai que le partage des rôles entre le président de la République et le gouvernement est toujours difficile à régler sous la Ve République, parce que le président étant élu au suffrage universel, il est celui auquel les Français demandent des comptes, celui dont ils attendent tout, dont ils exigent tout, même lorsqu'ils se plaignent de l'hyperprésidence.

La France est au fond un vieux pays monarchique qui ne s'assume pas toujours. C'est toute la grandeur et toute la difficulté d'être président de la République.

Jules : Pensez-vous que, de 2007 à aujourd'hui, le président de la République a répondu aux attentes des Français ?

Depuis le début de son mandat, le président de la République a dû consacrer presque toute son énergie à faire face à des crises sans précédent depuis la seconde guerre mondiale. Crise géorgienne, crise financière, crise économique, crise de l'euro, crise de la dette, révolutions dans les pays du Sud, crise des matières premières, crise nucléaire...

Il n'en a pas moins accompli une quantité de réformes elle aussi sans précédent depuis les débuts de la Ve République, mais dont les résultats ont évidemment été masqués ou différés par les conséquences de toutes les crises.

Où en serait la situation des Français, celle du pouvoir d'achat, celle de l'emploi, celle des retraites, de la protection sociale... si le président de la République n'avait pas agi avec autant de sang-froid, de détermination et d'énergie ?

Georges : Pourquoi ne vous êtes-vous jamais présenté à une élection ? Ne pensez-vous pas que cela assurerait une légitimité à tous vos propos ? Le suffrage universel ne vous paraît-il pas démocratique ?

La démocratie, c'est le suffrage universel. Je me suis d'ailleurs présenté un jour à une élection, c'était à la demande de Philippe Séguin, lors des élections municipales de Paris, dans le 5e arrondissement.

J'ai été battu dès le premier tour. Cela en défendant les valeurs auxquelles je croyais. Mais pourrais-je me permettre d'ajouter que l'intelligence d'un point de vue, sa véracité, voire sa légitimité, dans une démocratie où par définition tout le monde a le droit de s'exprimer, ne dépendent pas du résultat d'une élection dans un arrondissement de Paris ou dans une circonscription électorale ?

Hector : N'est-ce pas trop compliqué d'être sarkozyste avec Nicolas Sarkozy et d'avoir été antisarkozyste avec Philippe Seguin ?

Je ne regrette aucune des positions que j'ai pu prendre au cours de ma vie. J'assume tout : le fait d'avoir travaillé et de m'être battu auprès de Philippe Séguin, d'avoir voté non à Maastricht, non à la Constitution européenne, et d'avoir défendu toute ma vie une conception de l'Etat, de la nation et de la République à laquelle je suis viscéralement attaché.

Je n'ai renié aucune de mes idées, aucune de mes convictions, et je les porte là où je suis.

Il m'est arrivé d'être jadis dans le camp opposé à celui de Nicolas Sarkozy. Je pense en particulier aux élections de 1995, où j'ai soutenu la campagne de Jacques Chirac sur la fracture sociale contre Edouard Balladur.

Mais nous sommes en 2011, pas en 1995, et le Nicolas Sarkozy d'aujourd'hui ne ressemble pas tout à fait au Nicolas Sarkozy de cette époque. Et moi-même aussi, j'ai changé.

Emile : Quelle analyse faites-vous de la persistance des sondages de popularité, ou plutôt d'impopularité, de Nicolas Sarkozy et des faibles intentions de vote en sa faveur pour 2012 ?

Aucune. Je ne me suis jamais beaucoup intéressé aux sondages. Ce qui m'intéresse, ce sont les valeurs auxquelles je crois et celles que défendent les candidats que je soutiens.

Jules : Beaucoup ont l'impression que Nicolas Sarkozy joue à un jeu dangereux en essayant de capter un électorat d'extrême droite, par certaines de ses mesures et de ses propos, et notamment ses récents propos sur Schengen. Pourquoi faire cela ?

C'est un faux procès. Si l'on prend l'exemple de Schengen, qu'a donc dit Nicolas Sarkozy qui puisse laisser penser qu'il court après le Front national ou après le populisme ? Quoi de plus raisonnable que d'analyser ce qui ne fonctionne pas dans un traité pour essayer de le modifier de façon à le rendre plus efficace ?

Quelle est la demande de la France et de l'Italie ? Changer les conditions de mise en œuvre de la clause de sauvegarde et renforcer la solidarité européenne de façon à ce qu'aucun pays ne se trouve confronté seul à des difficultés qu'il n'a pas les moyens de surmonter.

Dimid : Marine Le Pen, alliée de la droite, c'est possible ?

Je ne comprends pas ce que cela veut dire. Si vous me demandez s'il peut y avoir une alliance électorale entre le Front national et l'UMP, je crois que les choses sont claires : c'est non.

Henri : Pensez-vous que Marine Le Pen et le Front national constituent une menace pour la démocratie française ?

Ce qui constituerait une menace pour la démocratie française, ce serait l'incapacité des hommes politiques démocrates et républicains à répondre aux souffrances et aux difficultés des Français.

Guillaume : La nomination de M. Guéant au ministère de l'intérieur vous donne-t-elle davantage d'influence auprès du président ?

Je n'ai jamais cherché à mesurer mon influence. J'exprime mon point de vue, mes analyses et mes convictions, et le président de la République arrête ses décisions. Il n'y a jamais eu dans mon esprit de guerre d'influence avec qui que ce soit.

Henri : De quelle loge maçonnique êtes-vous membre ?

Aucune. Je respecte toutes les croyances, je suis laïque et catholique romain.

Posezmaquestion : Selon vous, Carla Bruni est-elle un atout pour la réélection de Nicolas Sarkozy ?

Je n'ai aucune réponse à ce genre de questions. La seule chose qui me paraît importante, c'est que je préfère un président heureux dans sa vie privée plutôt que malheureux.

Nicolas : Etant donné vos convictions sur l'Europe et les grandes difficultés financières de certains états européens (Grèce, Portugal, Irlande), pensez-vous que la France doit rester au sein de l'Union européenne ?

Oui.

Jérôme-34 : Pensez-vous que le président de la République devrait se soumettre à des primaires au sein de l'UMP pour renouer avec son électorat avant de se lancer dans la campagne ?

J'ai une conception gaulliste de la Ve République et de la politique. L'élection présidentielle n'est pas l'affaire des partis. Ce sont des hommes ou des femmes qui vont à la rencontre des Français. Je suis donc totalement opposé à toute idée de primaires, incompatibles à mes yeux avec l'esprit de la Ve République et avec l'idée que je me fais de la fonction présidentielle.

Pierre : Que pensez-vous de la rencontre entre Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry ?

Rien.

André Guidi : Quelle est votre position sur l'aspiration à la démocratie des peuples arabes et craignez-vous par ricochet une islamisation de ces sociétés tenues jusqu'alors par des régimes forts ?

Ces révolutions portent en elles une immense espérance, mais aussi, bien sûr, un risque tout aussi grand.

L'histoire est toujours tragique, elle peut prendre le chemin du meilleur ou du pire. Ces révolutions nous font donc un devoir moral et politique de tout faire pour aider les peuples du Sud qui se sont libérés de régimes qui étaient devenus oppressifs à trouver la voie de la démocratie et de la liberté.

Yacour Naoufal : La suppression du bouclier fiscal, la prime de 1 000 euros et le gel du prix du gaz seront-ils suffisants pour modifier l'état d'esprit de l'opinion publique à l'égard du pouvoir ?

Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est : ces mesures contribuent-elles à atténuer les difficultés des Français ?

Alex : Si Nicolas Sarkozy ne se présente pas à l'élection présidentielle de 2012, quel candidat pour la droite ?

C'est une façon de poser le problème qui n'a jamais été la mienne. A l'élection présidentielle, encore une fois, ce n'est pas la droite qui se présente, ce n'est pas la gauche, ce n'est pas le centre, ce sont des personnalités.

La France, ce n'est pas la droite, la France, ce n'est pas la gauche, la France, c'est tous les Français, disait le général de Gaulle. Pour ma part, je ne sortirai jamais de cette vision de la politique, en particulier s'agissant des élections présidentielles.

Chat sur Le Monde.fr le 29.04.11

  

Nicolas SARKOZY

Bilan de quatre ans d’action

Mai 2007 – mai 2011

LA FRANCE AVANCE

A l’automne 2008, la crise économique frappait le monde. La France et les Français ont fait face. Ensemble, nous avons lutté pour que notre pays continue à se réformer et à progresser au milieu des difficultés. Aujourd’hui, la croissance française repart et le chômage commence à baisser.

Depuis quatre ans et malgré la crise, la France avance. Notre pays change, se modernise et se transforme. Il le fait grâce aux efforts de chacun des Français, grâce au courage de tous. Depuis quatre ans, la France s’est remise en mouvement. Les lignes ont bougé. La France, grâce aux efforts des Français a montré qu’elle pouvait se réformer. Notre pays n’est pas condamné à l’immobilisme, ni au déclin.

Le chemin parcouru, ensemble, depuis 2007, n’a pas toujours été facile, mais il est considérable. Au cours de ces quatre dernières années, la liste des réformes engagées et des changements opérés n’a cessé de s’allonger. Avec une seule obsession : protéger les Français dans un monde de plus en plus dur. Avec un seul but : garder la France au premier rang à l’heure où les équilibres d’hier sont remis en cause. Cette période de réforme compte certainement parmi les plus fécondes depuis les trois dernières décennies.

Ces réformes, les Français les ont attendues long­temps. Ils les ont choisies sans ambiguïté lors de la dernière élection présidentielle de 2007 car le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy a été élu par les Français sur une seule promesse : celle du changement.

Dès les premiers jours du quinquennat, le chef de l’État, le Premier ministre François Fillon, le gouvernement et l’ensemble de la majorité parlementaire ont concentré leur action sur les sujets fondamentaux de l’emploi, de la sécurité, de l’autorité et du pouvoir d’achat.

À partir de l’été 2008, à la suite d’une crise finan­cière née aux États-Unis, la crise économique la plus grave depuis la Grande Dépression des années 1930 a ébranlé le monde sans épargner notre pays.

Sans renoncer à mettre en œuvre les engagements pris pendant la campagne, Nicolas Sarkozy et le gouvernement ont dû faire face à l’urgence des faillites bancaires, à la chute de l’activité et à la hausse du chômage. Alors qu’il présidait l’Union européenne, c’est au chef de l’État français qu’il est revenu d’organiser la réponse internationale à cette crise sans précédent dans le cadre du G20.

Cette crise a rendu le besoin de réforme encore plus pressant, encore plus urgent à l’instar de la réforme des retraites. Trop longtemps retardée, ou partiellement engagée, elle ne pouvait plus attendre. À cela il faut ajouter que les turbulences monétaires qui ont submergé la Grèce, l’Irlande et maintenant le Portugal, ont fait de la maîtrise de nos finances publiques un impératif catégorique. C’est donc à coût quasi constant qu’il a fallu engager et poursuivre les réformes.

Dans cette période difficile, les principes d’action fixés par le chef de l’État n’ont jamais varié : encourager le travail plutôt que l’assistanat, protéger les victimes d’agression plutôt que les délinquants, réduire la dépense publique plutôt qu’augmenter les impôts des Français, réaffirmer les valeurs de la République contre le communautarisme, miser sur un développement durable plutôt que sur la décroissance.

Cette volonté de réforme de la majorité présidentielle reste plus que jamais au cœur du travail du gouver­nement. En effet, après quatre ans d’activité continue, quatre années de volontarisme politique, l’action du président de la République, du Premier ministre et du gouvernement n’est pas encore arrivée à son terme.

En quatre ans tout n’a pas encore pu être entrepris, tout n’a pas été réussi, mais tout sera mis en œuvre pour apporter aux Français les résultats promis et attendus. C’est pour cette raison que le chef de l’État entend demeurer au service des Français jusqu’à la dernière minute de son mandat. C’est alors, et alors seulement, qu’un bilan de son action, complet et juste, pourra être dressé.

Comme chaque année, il s’agit ici de présenter un point d’étape, une photographie aussi exacte que possible de l’action du président de la République et du gouvernement, de présenter des faits et uniquement des faits au jugement des Français.

Il s’agit aussi de rendre hommage au courage dont les Français ont fait preuve au cours des quatre dernières années. Changer n’est jamais facile et forcément toujours risqué. Mais au cours de ces quatre dernières années, marquées par tant d’événements imprévus, les Français ont démontré qu’ils étaient un grand peuple, capable d’affronter les urgences du présent, aussi bien que de relever les défis de l’avenir. Un peuple à la hauteur de son Histoire.

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L’ISLAM EN FRANCE :

LA REALITE EN FACE

Un article de Jacques ROUGEOT,

professeur émérite à la Sorbonne

Décidément, même si la bien-pen­sance a de plus en plus de mal à étouffer les voix discordantes qui veulent se faire entendre librement, il se trouve encore des questions qui sentent le soufre. Au premier rang de celles-ci figure sans contestation l’islam. Ces dernières semaines en ont fourni l’illustration.

Les médias ont d’abord annoncé l’organisation d’un grand débat sur l’islam à l’initiative conjointe de l’Elysée et de l’UMP. Les journalistes étaient allés un peu vite en besogne, car il s’agissait en fait d’un débat sur la laïcité. Malgré tout, il était bien évident que l’islam serait au centre de ce débat, puisque c’est bien sa présence massive et récente sur notre territoire qui amène à poser aujourd’hui la question de la laïcité que personne ne songeait à ranimer plus d’un siècle après le vote de la loi de 1905. Les tenants de la langue de bois et autres partisans de la politique de l’autruche sont aussitôt montés à l’assaut pour dénoncer l’inopportunité d’un tel débat et essayer de le faire annuler. Heureusement, ils n’ont pas obtenu satisfaction, malgré l’acharnement qu’ils ont apporté à la défense de leur mauvaise cause.

Leurs arguments sont révélateurs de leur volonté d’étouffer la vérité. Ils ont d’abord dé­noncé le caractère «électoraliste» du dé­bat. Même s’il en était ainsi, on ne voit pas pourquoi la majorité au pouvoir devrait se tirer une balle dans le pied en organisant un débat impopulaire. Si celui-ci est «électoraliste», c’est qu’il correspond à une attente de l’électorat, ce qui semble démocratiquement correct. La seule ques­tion est de savoir si ce débat, en lui-même, porte sur un vrai sujet et s’il vient à son heure. La réponse est, pour nous, dou­blement positive. Un autre argument con­sistait à invoquer le précédent prétendu­ment désastreux du débat sur l’identité na­tionale. En fait, il est vrai que ce débat avait été foisonnant et indiscipliné, mais il avait eu le princi­pal tort de permettre l’expression libre d’opinions non conformistes trop longtemps condamnées au silence. Ces libertés avaient été condamnées ensuite sous le nom de dérapages et il fut convenu d’enterrer la question avec le débat. On a dit aussi que le nouveau débat aurait pour effet de «stigmatiser nos compatriotes musulmans», ce qui bouleversait les âmes sensibles. En fait, ces tentatives d’omerta ont valeur d’aveu : elles révèlent que leurs auteurs n’ont aucune confiance en la qualité de leurs arguments, puisque le débat, selon eux, devait nécessairement mal tourner, et même qu’ils ne sont plus aussi sûrs que leur force de frappe média­tique suffise désormais à écraser les ar­guments et la détermination de l’adversaire.

Pour notre part, nous ne souffrons pas d’extinction de voix et nous voulons rap­peler très succinctement pourquoi l’islam est un vrai sujet de préoccupation qui mé­rite débat. (…)

1-L’islam, un problème réel

2-Le cœur du débat : religion et civilisation

3-L’Etat, la laïcité et « l’islam de France »

4-L’islam et la politique française

5-Nous, citoyens français…

 (…) Assurément, on peut toujours espérer un miracle, une mutation brusque, mais ce serait tenter le destin bien témérairement. Dès lors, ne vaut-il pas mieux nous enga­ger sans plus tarder dans la voie du bons sens afin d’éviter les deux is­sues extrêmes que seraient le maintien et le développe­ment de situations explosives, avec des risques permanents de conflits internes ou, en cas de résignation de notre part, notre étouf­fement et notre dépérissement pro­gressifs ? Pour cela, il faut au moins ces­ser de faire monter la pression démo­gra­phique en stabilisant l’immigration à son niveau actuel, qui est déjà bien trop élevé, donc en refusant sans faiblesse d’accueillir les nouveaux émigrés, en majorité musul­man, fuyant paradoxalement leurs pays à la faveur des révolutions qui étaient cen­sées les libérer. Nous devons d’autre part nous reprendre en main en brandissant bien haut le drapeau de nos valeurs.

Et en effet, nous portons une part de responsabilité dans la situation actuelle. Non pas que nous n’ayons pas été assez accueillants pour les gens venus d’ailleurs, comme certains voudraient nous le faire croire, mais parce que, surtout sous l’influence de l’esprit soixante-huitard, nous avons laissé en friche le terrain spi­rituel, moral et culturel. Ce qui a grande­ment facilité l’avancée de l’islam, c’est qu’il a pu occuper ce terrain presque sans coup férir. Nous n’avons pas imposé un cadre civilisationnel assez exigeant, qui eût pu nous permettre par là même d’attirer et de véritablement assimiler les meilleurs, tout en ayant un effet répulsif pour les autres. Les Églises chrétiennes ne nous ont pas donné le bon exemple. Le catholicisme post-conciliaire, affadi dans ses dogmes et dans sa liturgie, prêt à toutes sortes de complaisances pour se faire tolérer par le monde profane, a simplement réussi à vi­der les églises et à récolter le dédain de ceux dont il voulait acheter les faveurs à bas prix, ce qui révèle une méconnais­sance affligeante et dramatique de la psy­chologie. Les deux derniers papes se sont heureusement employés à redresser la barre par un effort constant qui commence à porter ses fruits.

Il est irresponsable de nier les risques encourus par notre civilisation du fait de la présence massive de l’islam sur notre sol et il faut donc prendre les mesures propres à nous en prémunir. Mais nous devons al­ler au-delà et considérer cette situation comme un défi qui est lancé à notre vo­lonté non pas seulement de survivre, mais de demeurer substantiellement ce que nous sommes. C’est, comme nous l’avons vu précédemment, ce qu’a parfaitement compris le président de la République. Nous ne pourrons pas relever ce défi dans la faci­lité ou en nous en tenant au terrain maté­riel. Faisons des efforts salubres et salu­taires pour dégager les valeurs essen­tielles de notre civilisation et pour cultiver, dans cette diversité, celles qui nous cor­respondent le mieux. C’est ce qui nous permettra de dominer les difficultés pré­sentes et d’en sortir par le haut.

Lire le journal N°263

Lire le journal N°264

NICOLAS SARKOZY,

LE SEUL CAPABLE DE

BATTRE LA GAUCHE  EN 2012

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) entend rappeler qu’au moment où nous voyons une explosion de l’apparition de sondages dans tous les médias, il faut garder la tête froide car l’élection présidentielle en France aura lieu dans plus de 500 jours.

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) dénonce la pensée unique qui concourt à vouloir interdire tout débat à droite et félicite le nouveau secrétaire général de l’UMP, Jean-François COPÉ, pour sa capacité à réveiller l’UMP et à permettre que tous les sujets puissent être abordés. Un grand parti doit permettre les débats internes.

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) rappelle que, de tous les candidats potentiels, seul Nicolas SARKOZY est capable de battre la gauche en 2012. Et pour cela, il faut que toutes les sensibilités s’expriment clairement au sein de la droite afin que demain, au moment du choix, tous ceux qui sont conscient du danger que représente la gauche se rallient au meilleur candidat capable de la battre au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2012.

Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) annonce le lancement de nouvelles campagnes militantes sur les thèmes : « Nicolas SARKOZY, le seul capable de battre la gauche » et « La France ou la gauche, il faut choisir ».

Communiqué de presse du 3 mars 2011

L’extrème-gauche est toujours incapable de défendre ses positions. Elle préfère la caricature ! Elle ferait mieux de sortir des salons pour découvrir la France.

Mouloud Akkouche  a écrit « Mouvement initiative et liberté (MIL), boîte à idées de l'UMP ? » dans www.rue89.com

Vendredi soir, un ami caricaturiste politique en colère au téléphone m'a parlé du Mouvement initiative et liberté (MIL). Ignorant l'existence de ce mouvement, je suis allé sur leur site. Dès les premières lignes du manifeste, on sait où le gouvernement Fillon va faire ses courses à idées concernant l'identité nationale, la laicité, l'homosexualité, la culture…. Une boutique qui vient de fêter très discrètement ses trente ans.

L'organigramme (PDF) révèle un bottin mondain anthume et posthume d'une certaine droite. L'un des membres d'honneur n'est autre que Eric Raoult, ancien ministre de la ville. Il peut y partager sa vision de la mixité sociale et sa campagne contre Marie N'Diaye. La romancière a-t-elle lu la profession de foi des amis du député-maire du Raincy ? Un petit clic suffit pour découvrir la France rêvée de Eric Raoult.

Ce groupement n'attise pas la curiosité de la presse. Pourtant, ce mouvement soutenu par des nombreuses huiles, dont Bernard Debré, a pignon sur rue et bénéficie même d'une vitrine Facebook. Pas une petite asso de quartier ou de village qui rame pour obtenir des subventions.

On peut visionner une vidéo enthousiaste de Jean-François Copé. Normal qu'il rende un vibrant hommage à l'un des fournisseurs de contenus idéologiques de l'UMP. Des idées du Front national mais policées par des spécialistes de la sémantique. Avec même un slogan digne de la petite main jaune des années 80 :

« Etre français c'est un état d'esprit, pas une couleur de peau. »

Le MIL, libre de s'exprimer contre les « envahisseurs »

A part la campagne consternante (Nicolas Sarkozy en Hitler) et décrédibilisant du MJS de la Vienne, le principal parti d'opposition reste respectueux du débat républicain. Certes, les politiques de gauche ne se gênent pas non plus pour balancer des piques à leurs adversaires ; joutes verbales qui sont le reflet d'une démocratie que nombre de pays – débarrassés de leur dictateurs – nous envient à juste titre.

Malgré ses outrances langagières, le MIL – comme le FN – doit aussi bénéficier de la liberté d'expression. Traîner en justice Zemmour, Dieudonné et d'autres faisant feu de tout bois médiatique me paraît contreproductif et alimente encore plus leurs fonds de commerce. Une épaisse couverture presse dont n'ont pas bénéficié les « pov cons' » condamnés et même embastillés pour cause de lèse-majesté élyséenne….

Né en février 1981, le MIL est entré en résistance depuis trois décennies contre la gauche. Un combat sabre au clair. Une sorte de laboratoire de réflexions et lutte au service de la majorité présidentielle. Au regard des actes de nos gouvernants, cette boîte à idées ne dispense pas de cours de morale républicaine. Et, protégés par la figure tutélaire du général de Gaulle, ses membres ont décidé dans le même temps de dénoncer et combattre les « envahisseurs », ces « indignes' » de l'identité nationale.

Mon premier a une rose à la main, mon deuxième agite un drapeau noir ou rouge, mon troisième n'est pas adepte du saucisson-pinard, mon/ma quatrième aime les gens du même sexe que lui, mon cinquième pratique l'avortement, mon sixième monte des spectacles non conformes aux « valeurs » nationales… Bref, les « envahisseurs » sont tous ceux qui ne sont pas d'accord avec les fondamentaux du MIL.

Le véritable carnet de route de l'UMP

Plusieurs membres du MIL ont été indéniablement de courageux résistants. Mais aujourd'hui, drapés dans le gaullisme, ils se sentent intouchables et opèrent une OPA partisane sur la résistance. D'autres, issus de combats semblables contre l'occupant nazi et les collabos, ont une vision différente de la société contemporaine française. Parmi eux Edgar Morin, Stéphane Hessel, Raymond Aubrac, et les disparus tels Romain Gary, l'Abbé Pierre, Lucie Aubrac… Apparemment pas la même notion de résistance.

Sans doute que des politologues ou de simples citoyens férus de politique connaissaient l'existence du MIL. Mais la majorité de la population, dont des gaullistes, est-elle au courant des idées extrémistes de politiciens se réclamant du gaullisme ? Et surtout de leurs appels à peine déguisés à un débat public très musclé et discriminant.

Si, ce billet écrit à chaud permet une petite visite des coulisses de nos gouvernants, le coup de fil d'un citoyen énervé n'aura pas été vain. Internet a été un bel outil pour les révolutions en cours. Il peut aussi contribuer à dévoiler encore plus le véritable carnet de route de l'UMP.

http://www.rue89.com

1981 - 2012 Le MIL a 31 ans ! 31 ans au Service de la France

POURQUOI LE M.I.L. ?

 sa création, ses objectifs et ses principes d’organisation :

Association de fait dès février 1981, le Mouvement Initiative et Liberté a commencé à apparaitre à l’occasion de distribution de tracts signés des «Groupes Initiative et Liberté (GIL) du Mouvement Initiative et Liberté (MIL) et à faire ses premiers adhérents. Son passage d’association de fait à une association déclarée et régie par la loi de 1901 sur les associations est décidé le 17 novembre 1981 pendant la première législature de ce qui était alors l'union de la gauche. Le dépôt à la préfecture de Paris a été fait le 16 décembre 1981. Il s'agissait d'empêcher que les socialo-communistes, après s'être emparés du pouvoir politique, ne mettent définitivement la main sur les esprits et sur les structures de notre pays. Il n'existait pas d'organisation adaptée à ce genre d'action : c'est ce vide que le MIL a voulu combler.

Il est au service de la France. Il se revendique comme étant la droite civique, gaulliste et patriote et il regroupe des patriotes de toutes les origines politiques, car l’engagement du MIL est au service de la France. Le symbole qui caractérise le M.I.L. comme étant la droite civique, gaulliste et patriote est la croix de lorraine au centre d’une cocarde française. Cela plaît à beaucoup mais déplaît à certains, y compris parmi ceux qu’on aurait pu croire gaullistes.  Lire la suite

L’AFRIQUE AU XXI° SIECLE,

JACQUES FOCCART VISIONNAIRE

par Jacques GODFRAIN,

ancien ministre de la Coopération

Jacques Foccart avait une véritable vision de l’Afrique mo­derne bien avant les indépendances qui marquèrent le début des années 60.

Déjà, avant le retour au pouvoir du Général de Gaulle en Mai 1958, il prévoyait les premières années de la vie démocratique de ces futurs pays, reconnus avec un état de plein exercice. Il savait que les premiers pas seraient difficiles s’il n’y avait pas des hom­mes et des femmes aptes à gouverner et à administrer. La contri­bution de l’Assemblée de l’Union Française, véritable pépinière de nouveaux talents pour assurer la mise en place de ces nouveaux statuts, était une des grandes préoccupations du Général de Gaulle et de Jacques Foccart.

Une fois cette étape franchie, il convenait d’asseoir cette exis­tence nouvelle en appuyant les nouveaux gouvernements sur la scène internationale, en leur facilitant leur entrée à l’Assemblée générale des Nations-Unies, en transformant le ministère de l’Outre-Mer en ministère de la Coopération. Bref la vision mo­derne de l’Afrique était déjà dans l’œuvre de Jacques Foccart puisqu’il aidait à préparer les premiers accords dits de Lomé dont on redécouvre aujourd’hui toutes les qualités.  En effet il s’agissait bien avant la lettre de faire que ces accords ne soient pas sim­plement passés entre la France et l’Afrique mais qu’ils soient re­connus et entérinés par l’Europe. Les accords de Lomé devaient organiser le développement économique et le commerce entre la France, l’Europe et les pays africains. Ainsi étaient mis sur la place internationale les liens particuliers existants entre une an­cienne puissance colonisatrice et de nouveaux pays,  dorénavant partenaires.

Lire le journal du MIL de février 2010

 visites du site du MIL

Mise à jour le 16/02/2012

Mouvement Initiative et Liberté

BP 84  92303 Levallois Perret cedex

Le MIL lance des nouvelles campagnes militantes !

Le dernier tract du MIL